L’épineux poids spécifique (suite)

Les producteurs ont pu améliorer le poids spécifique de leur maïs en repoussant la récolte pour le laisser sécher au champ, ou en le séchant lentement à la ferme, rappelle le Gilles Tremblay. D’autres critères peuvent aussi avoir influé sur le poids spécifique, comme les rotations, la santé du sol, la fertilisation, la hâtivité de l’hybride et sa génétique.

D’après François Labrie, ce serait d’ailleurs la génétique très performante de nos hybrides d’aujourd’hui qui aurait sauvé les meubles en 2014. Chez Christian Overbeek, la saison qui se termine aura été déterminante dans le choix de ses hybrides pour les années à venir : dans ses parcelles, il y avait jusqu’à quatre kg/hl de différence entre les hybrides de maturité semblable.

Gros grains, petits grains

À la livraison, on accorde un grade au maïs selon une évaluation physique, dont une observation visuelle et un test de poids spécifique. La méthode de l’entonnoir avec le bocal d’un demi-litre ne fait pas l’unanimité, mais il s’agit de la norme établie par la Commission canadienne de grains.

Certaines personnes allèguent que le tassement des grains peut varier selon la personne qui effectue la mesure. Et quand les grains sont plus gros, les interstices entre eux le sont aussi, de sorte que le lot sera nécessairement plus léger. Des grains plus petits se tasseront plus et le poids spécifique mesuré sera plus élevé.

Il s’avère que le poids spécifique de la dernière récolte de maïs au Québec se situe souvent à 64 kg/hl ou moins, sans toutefois que l’observation (grains brisés ou brûlés, matières étrangères, toxines) ne révèle des problèmes de qualité contribuant à son classement de grade 3 ou inférieur.

Plus le poids spécifique d’un grain est élevé, le moins il est probable que le grain soit affecté par des toxines ou d’autres problèmes de qualité liés à des stress pendant la saison, affirme Gilles Tremblay. Mais en même temps, la valeur alimentaire d’un grain n’est pas nécessairement supérieure quand son poids spécifique est élevé.

En décembre dernier, l’agronome Emmanuelle Lewis, d’Agri-Marché, a déclaré lors d’une conférence qu’il est tout à fait possible que la valeur énergétique d’un maïs de poids spécifique bas soit supérieure à celle d’un maïs de poids spécifique plus élevé.

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