Que nous réserve la météo cet été ?

Un été froid et pluvieux!

*Ce billet d’opinion a été publié dans l’édition de juin du Bulletin des agriculteurs.

Pour être bien franc avec vous, je n’y croyais pas. J’étais très sceptique par rapport aux affirmations de Noah Freeman lors du Rendez-vous végétal l’hiver dernier. Il nous expliquait qu’il était possible de prédire la météo 11 mois à l’avance avec une précision de 84 %. Il a certainement retenu toute mon attention.
Noah Freeman, spécialiste en agriculture de précision, travaille pour AgReliant. Cette entreprise crée des cartes de gestion par zone des champs et utilise les services météorologiques de la compagnie Weather Trends International de Pennsylvanie, aux États-Unis. Noah Freeman nous rapporte que les prévisions à long terme de Weather Trends sont utilisées par plusieurs grandes entreprises de vente au détail, comme Walmart, pour gérer l’approvisionnement de ses magasins. Les acheteurs utilisent ces données pour savoir quand la saison des BBQ commence. Armés de ces informations, ils planifient les achats et les dates de livraison pour les 5700 magasins de l’entreprise en Amérique du Nord. Les BBQ sont livrés juste à temps, soit quand le beau temps arrive dans les différentes grandes villes américaines. Vous devinerez que toutes sortes de scénarios me passent par la tête !

Alors, à la suite des interminables épisodes de pluie que nous avons subis en avril et en mai, je me suis demandé si les gourous de Weather Trends avaient prédit cette quantité d’eau exceptionnelle qui a retardé les semis de plusieurs semaines. Je contacte l’entreprise et j’ai la chance de discuter avec le président-directeur général et cofondateur Bill Kirk. Il m’envoie le rapport de prévision à long terme datant du
1er décembre 2016. Eh bien, dans ce document, on prédit des précipitations supérieures à la moyenne pour le mois d’avril. De décembre 2016 à avril 2017, leurs prédictions mensuelles sont précises à 82 % pour les précipitations et à 86 % pour la température dans la région de Montréal.
Ce qui différencie leurs prévisions, c’est qu’ils intègrent les données des cycles naturels qui ont un impact sur le climat de la planète. Des cycles comme El Niño/La Niña, l’oscillation décennale du pacifique (PDO) et 22 autres cycles sont utilisés pour raffiner les prévisions à long terme. Pour générer les rapports, ils utilisent une quantité incroyable de données. Des milliers de serveurs sont requis pour faire les calculs.
Afin que vous puissiez juger par vous-même de la précision de ces bulletins météo, je lui ai demandé ses prévisions pour l’été dans la région de Montréal, les voici :
– Un été froid et pluvieux. La température sera en dessous de la moyenne des huit dernières années avec des précipitations au-dessus de la normale.
– Pour la semaine du 28 août, la semaine d’Expo-Champs à Saint-Liboire, ils prédisent trois journées de pluie avec
des températures oscillant entre 14 oC la nuit et 23 oC le jour. La semaine sera généralement plus froide que la moyenne des 30 dernières années.
– Le premier gel est prévu entre la 3e et la 4e semaine d’octobre.
– En nombre de degrés jour de croissance, nous aurons 4,5 % de moins que la moyenne des 26 dernières années et 17 % de moins que l’année dernière. Ouch !
J’espère qu’ils se trompent pour les prévisions de cet été. Par contre, s’ils ont raison, c’est un outil formidable pour mieux gérer nos fermes. Imaginez que cet automne, vous ayez entre les mains un rapport météo vous donnant les grandes lignes de la saison 2018 ! Des informations pour décider vos rotations de cultures, planifier vos travaux aux champs, puis choisir les hybrides et les cultivars les mieux adaptés à la saison qui s’en vient. C’est à suivre. D’ici là, si vous désirez en connaître davantage, visitez le wt360.com.

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