Des semis sous influence?

Ce n’est pas seulement ici que le printemps donne des signes de se pointer le nez. C’est le cas aussi aux États-Unis où les prédictions de semis pour l’année 2020 se multiplient à quelques jours des prévisions du département américain de l’Agriculture, le mardi 31 mars prochain.

En plus des incertitudes habituelles reliées à la météo et au commerce international, les semis de cette année doivent jouer avec la COVID-19 et ses effets sur le marché des grains. Avec la guerre du pétrole, l’éthanol et le maïs ont pâti de la situation, mais ils ont depuis une semaine repris du poil de la bête. À cela s’ajoute d’autres éléments dont l’impact sera à déterminer, soit la demande pour les produits carnés et, par conséquent, les produits utilisés pour l’alimentation animale. La FAO a également dit craindre des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement si des gouvernements commençaient à limiter le commerce à l’étranger pour favoriser le stockage de denrées dans le pays, afin de contrer d’éventuelles pénuries.

Les agriculteurs auront-ils aussi accès à tous les intrants requis pour les semis, que ce soit les engrais, les semences et les produits en phytoprotection? La fermeture des frontières aura-t-elle un impact sur les approvisionnements?

Selon les plus récents sondages et prévisions des médias agricoles américains, les producteurs joueraient de prudence cette année en favorisant le maïs. La céréale ferait office de grain refuge en ces temps incertains. Des experts de l’Université de l’Iowa semblent d’ailleurs leur donner raison puisque le maïs serait plus avantageux en autant que le prix demeure au-dessus des 3,40 $US le boisseau.

Les producteurs américains pourraient semer jusqu’au delà de 94 millions d’acres de maïs, soit presque 7 millions d’acres de plus qu’en 2019. Les prévisions quant au soya se situent aux environs de 83 millions d’acres, mais pourraient augmenter, à la lumière des récentes hausses d’achats de soya venant de la Chine. Les superficies pour le blé se situaient, quant à elles, à environ 31 millions d’acres. Là aussi, les chiffres pourraient bouger face à la hausse des prix, stimulés par une demande forte pour les produits à base de blé comme le pain et les pâtes.

Reste à voir comment la météo collaborera ce printemps. Les services météorologiques américains ont déjà avisé que certaines régions étaient à risque d’inondation, surtout au nord du pays et dans la Corn Belt. Certains producteurs pourraient d’ailleurs avoir des difficultés supplémentaires cette année en raison des problèmes d’ensemencement en 2019 et au moment des récoltes à l’automne dernier.

Le phénomène météo La Nina pourrait aussi mêler les cartes dans les prochains mois puisqu’il est prévu qu’il se manifestera cette année sur le globe dès le début de l’été.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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