Le « chien de garde » américain autorise le rachat de Syngenta par ChemChina

Zurich / Reuters – Un régulateur américain a donné son accord au rachat du groupe suisse Syngenta, semences et pesticides, par ChemChina pour 43 milliards $US, ont signifié les porte-paroles des compagnies la semaine dernière.

Augmentant ainsi les chances de voir se concrétiser la plus grande transaction étrangère jamais faite par une compagnie chinoise, la décision devrait éliminer l’incertitude entourant l’acquisition du plus grand joueur mondial dans le domaine des pesticides.

L’agence Reuters avait rapporté plus tôt que le processus en était à l’étape finale avant que l’acquisition ne soit approuvée par le Comité des investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) qui examine les ententes pour les enjeux de sécurité nationale.

Selon une déclaration conjointe publiée par Syngenta, « China National Chemical Corporation (ChemChina) et Syngenta ont annoncé aujourd’hui que les compagnies avaient reçu l’autorisation du Comité des investissements étrangers aux États-Unis(CFIUS) sur la transaction proposée. »

La déclaration ne fait aucune mention de concessions nécessaires à l’obtention de l’autorisation.

« En plus de l’autorisation du CFIUS, la clôture de la transaction est assujettie à un examen de la réglementation antitrust par de nombreux régulateurs dans le monde et à d’autres conditions habituelles de fermeture. Les deux compagnies travaillent en étroite collaboration et mènent des discussions constructives avec les agences réglementaires impliquées. »

« La transaction proposée est prévue pour clore d’ici la fin de l’année », précise le communiqué.

En juillet, Syngenta a déclaré que la compagnie s’attendait à finaliser l’entente cette année malgré leurs craintes que le régulateur américain puisse leur mettre des bâtons dans les roues.

Outre les préoccupations entourant l’aval du CFIUS, le prix de l’action de Syngenta a considérablement retardé l’offre de ChemChina de 465$ l’action plus un dividende spécial. Environ un quart des ventes de Syngenta provient de l’Amérique du Nord.

Cette année, plusieurs législateurs ont écrit au Secrétaire d’état au trésor, Jacob Lew, demandant que le CFIUS soumette l’entente à un examen additionnel pour évaluer son impact sur la sécurité alimentaire. Le Département de l’agriculture des États-Unis s’est joint au CFIUS pour la revue, a rapporté Reuters.

Syngenta a mentionné cette année que la compagnie ferait un dépôt volontaire auprès du CFIUS et ce, « même si aucune préoccupation de sécurité nationale n’a été identifiée durant la revue diligente. »

Dévoilé en février, l’entente arrive au moment où la Chine cherche à sécuriser les produits alimentaires pour sa population.

Syngenta est un joueur clé dans le marché des pesticides et des semences. Elle a des installations en Caroline du Nord, de même qu’une présence en Californie, au Delaware, en Iowa et au Minnesota parmi d’autres États.

La vérification du CFIUS est étroitement surveillée par Monsanto, la plus grande compagnie de semences au monde, qui réfléchit à la possibilité de se vendre au groupe allemand Bayer. L’an dernier, Syngenta avait refusé les offres d’achat de Monsanto.

Devant un nombre croissant de compagnies chinoises cherchant à acquérir ses homologues américains, CFIUS a émergé en tant que risque pour de telles ententes, spécialement lors de possibles conséquences en cybersécurité.

Par exemple, en février, la compagnie d’état chinoise Unisplendor Corp. a abandonné un investissement de 3.78 milliards $US dans Western Digital Corp. après que le CFIUS ait affirmé vouloir enquêter sur la transaction.

Ce reportage de Greg Roumeliotis et Michael Shields de Reuters est une traduction de l’article U.S. watchdog clears ChemChina’s takeover of Syngenta, publié dans Grain News.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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