«Le printemps s’annonce pas trop pire!»

Certains producteurs ont commencé à préparer le terrain et ont même rapporté avoir soulevé de la poussière

Il semble que mai va donner lieu à des précipitations régulières. Donc, contrairement à l’an dernier, on aurait de l’eau, mais sans excès.

On a reçu peu de neige cet hiver. Les précipitations se sont faites rares au cours des dernières semaines. Les températures grimpent allègrement au-dessus des normales ces jours-ci. Résultat, les sols sont en général anormalement secs pour cette période de l’année. Certains producteurs ont commencé à préparer le terrain et ont même rapporté avoir soulevé de la poussière!

Si la tendance se maintient… les conditions semblent donc réunies pour un manque d’eau en début de saison. Sauf que… la tendance n’est pas censée se maintenir, signale l’agronome Gilles Corno. Celui-ci est un fidèle de WeatherTrend 360, une entreprise qui se spécialise dans l’élaboration de tendances météorologiques à long terme, soit sur 11 mois (certains se rappelleront de la présentation qu’avait faite un représentant de cette organisation lors du Rendez-vous végétal, il y a quelques années).

«Les conditions s’annoncent plus humides à partir de la fin avril, indique Gilles Corno. Il semble que mai va donner lieu à des précipitations régulières. Donc, contrairement à l’an dernier, on aurait de l’eau, mais sans excès.»

«En ce moment, le sous-sol est gorgé d’eau en profondeur, mais il s’essore bien, observe le représentant du semencier Pride. On est rendus à l’étape du ressuyage du sol, qui se fait par la surface.»

L’agronome rappelle que des pluies régulières pendant les semis créent un double défi. D’une part, les fenêtres de semis raccourcissent. «Les producteurs doivent être en mesure de semer vite pour bénéficier des petites fenêtres, dit-il. Mais il est clair qu’ils sont mieux équipés et organisés maintenant qu’autrefois.»

L’autre défi, c’est le risque de compaction découlant du fait que les sols restent humides. Certains pourraient être tentés de travailler le sol pour qu’il s’assèche plus vite. Ce que Gilles Corno déconseille fortement. «Donner un coup de vibro n’assèche pas le sol, dit-il. Cela a plutôt pour effet de le compacter en surface.»

L’agronome conclut quand même sur une note positive : «Le printemps s’annonce pas trop pire!».

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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