Les bienfaits du blé d’automne dans la rotation

Même si la culture du blé d’automne connait encore des hauts et des bas en raison des caprices de la météo, sa popularité se confirme année après années au Québec. Selon les prévisions d’Agriculture Canada, il se seraient semés  51 100 acres de blé d’automne pour la saison 2019-2020. La meilleure fenêtre pour les semis de blé se situe d’ailleurs en ce moment. Les meilleurs rendements seraient obtenus lorsque les semis ont lieu avant la mi-septembre.

En Ontario où la culture domine dans les petites céréales, les études menées sur plus d’une décennie ont confirmé ses avantages dans la rotation des cultures. Les conclusions sont même utilisées par l’Université du Nebraska pour convaincre les producteurs de faire le saut. Les bénéfices en bref sont les suivants:

.L’amélioration de la santé des sols

.Aide à briser les cycles de maladies

Meilleur contrôle des mauvaises herbes

.Permet de limiter les infestations d’insectes et autres ravageurs

Pour le chercheur Dwayne Beck de l’Université du Nebraska, les études menées sur une période de quinze ans ont montré que l’inclusion du blé d’automne dans la rotation avec le maïs et le soya augmente les agrégats stables à l’eau, ce qui est un bon indicateur de la santé physique du sol. Les chercheurs ont également découvert d’autres avantages, notamment une augmentation de l’azote total du sol, une augmentation de l’azote potentiellement minéralisable, une efficacité d’utilisation de l’azote plus élevée, une réduction des taux d’azote nécessaires dans le maïs pour un rendement économique maximal et des rendements plus élevés dans le maïs et le soya. Ces aspects de la santé des sols ont été améliorés en ajoutant du blé à la rotation, quel que soit le type de travail du sol (conventionnel ou sans labour). La cause de ces différences mesurables est probablement due au système racinaire fibreux dense du blé et à l’azote dérivé des dépôts de racines du blé.

Tel que mentionné plus haut, l’ajout d’une culture à la rotation actuellement pratiquée pourrait profiter au plan de lutte intégrée contre les ravageurs en aidant à briser les cycles de maladies, à contrôler les mauvaises herbes, à limiter les infestations d’insectes et d’autres ravageurs. Le blé dans la rotation enlève «l’organisme hôte» pendant une période plus longue avec une rotation de trois cultures (maïs-soya-blé) en aidant à perturber le cycle de vie annuel de ravageurs tels que la chrysomèle des racines du maïs et le syndrome de mort subite.

Les producteurs auraient donc avantage à considérer le blé d’automne dans la rotation, surtout que la diversité des cultures a eu tendance à se limiter à deux types de cultures dans les dernières années dans certaines régions aux États-Unis. Le professeur Beck constate en effet que la rotation maïs-soya est courante dans l’est du Nebraska. Dans cette rotation, deux cultures de saison chaude sont cultivées, l’une étant une graminée et l’autre une dicotylédone avec un an entre les mêmes types de cultures. Une rotation des cultures diversifiée semblerait toutefois être la pratique la plus difficile à adopter. La tendance actuelle serait de réduire la diversité des cultures au lieu de l’augmenter. Par exemple, dans le sud-est du Nebraska, il y a beaucoup moins de fermes qui cultivent ou d’acres consacrées à l’avoine, le blé d’hiver, la luzerne et le sorgho-grain. Plusieurs raisons expliquent ce déclin, notamment le manque de rentabilité, la logistique, l’absence d’une entreprise d’élevage et l’offre / demande mondiale. La durabilité de la petite entreprise agricole familiale comprend l’équilibre entre la rentabilité à court et à long terme.



à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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