Choisir son taureau sur écran tactile

Édith Gazaille et Denis Martin.

Édith Gazaille et Denis Martin.

À la ferme Louise et Réjean Bessette de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, le représentant en service-conseil Denis Martin du CIAQ présente à la gérante de troupeau Édith Gazaille le nouveau logiciel pour la sélection de taureaux, SemexWorks. Conçu par Semex Canada il y a trois ans et lancé l’hiver dernier au Québec par le CIAQ, SemexWorks permet de choisir les taureaux en fonction des objectifs de l’éleveur.

Muni d’un ordinateur portable doté d’un écran tactile, Denis Martin passe en revue les données et les objectifs du troupeau qu’Édith gère pour ses patrons, David et Justin Bessette, fils de Louise et Réjean Bessette. Les 200 vaches en lactation produisent 9910 kg de lait par vache par année. La ferme élève toutes les génisses. Les données techniques et économiques sont inscrites afin de dresser les priorités d’élevage et de calculer l’avantage économique du choix de taureau.

L'écran tactile rend l'exercice interactif.

L’écran tactile rend l’exercice interactif.

Une pondération est attribuée à chaque secteur: production, santé et fertilité, ainsi que conformation. À la ferme Bessette, la production est la priorité numéro un avec 45 %, suivie de la conformation avec 34 %, et de la santé et la fertilité avec 21 %. L’importance de chaque trait de caractère est discutée entre le conseiller et la productrice afin d’arriver à cette pondération. Ainsi, Édith Gazaille et Denis Martin décident qu’il est plus important d’améliorer la protéine du lait que le gras. Côté santé et fertilité, la durée de vie de la vache est un critère important pour la ferme Bessette. En tant que troupeau orienté vers la production laitière, la qualité du système mammaire est le critère prioritaire côté conformation, mais les autres critères ne sont pas oubliés.

Le logiciel fait une première sélection de taureaux. Un total de 126 taureaux, dont huit éprouvés, sont sélectionnés par le logiciel. Denis Martin regarde quelques choix de taureaux avec Édith. « Ah non ! Ce critère-là est important pour moi », dit Édith à propos des pieds et des membres. Il faut donc augmenter l’importance de ce critère. Denis Martin suggère aussi d’ajuster la croupe puisque ceci a une incidence sur les pieds et les membres. Plus la sélection se précise, plus le nombre de taureaux suggérés est restreint. Finalement, Édith choisit neuf taureaux parmi la suggestion : un taureau éprouvé et huit génomiques, ce que le CIAQ appelle des taureaux Genomax.

Les taureaux sélectionnés sont classés selon l’IPV (indice de profit à vie) que Semex Works a calculé pour la ferme. En appuyant sur le nom d’un taureau, il est parfois possible de voir une vidéo de ses filles. Le logiciel donne accès aux fiches d’épreuve des taureaux. Il est même possible de voir les taureaux qui sont forts selon l’IPV de la ferme, mais qui ne sont pas recommandés en raison d’un critère plus faible du taureau par rapport aux objectifs de la ferme. Au final, il reste deux taureaux éprouvés et 35 Genomax sur les 324 taureaux de Semex. S’il y a si peu de taureaux éprouvés dans la sélection, c’est qu’Édith préfère être plus agressive dans sa sélection. Les taureaux Genomax ont des indices plus élevés que les taureaux éprouvés. Aidée de Denis Martin, Édith Gazaille choisit sept taureaux dans la sélection, dont un éprouvé.

DSC_0078Lorsque la sélection est complétée, Denis Martin présente le retour sur l’investissement du choix de taureaux. Pour la ferme Bessette, on parle d’un retour de 10,42$ pour chaque dollar investi. « C’est beaucoup », explique Denis Martin. Édith connaît même les critères les plus payants. Dans son cas, c’est le gras, suivi de la protéine, de la durée de vie, de la fertilité des filles, du système mammaire et des pieds et membres. Un rapport est remis à la productrice.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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