Fierté et résilience pour les Éleveurs de porcs du Québec

David Boissonneaut, président des Éleveurs de porcs du Québec PHOTO: ÉLEVEURS DE PORCS DU QUÉBEC

David Boissonneaut, président des Éleveurs de porcs du Québec PHOTO: ÉLEVEURS DE PORCS DU QUÉBEC

Les Éleveurs de porcs du Québec ont été fondés il y a 50 ans, le 11 août 1966. L’actuel président, David Boissonneault, n’était même pas né à l’époque. La ferme de type naisseur-finisseur de 350 truies qu’il a fondée en 1996 à Lyster, la ferme La Ronchonnerie, n’existait même pas. Aujourd’hui, il est fier de ce que ses prédécesseurs et de son équipe actuelle ont réalisé. Âgé de 40 ans, David Boissonneault préside les Éleveurs de porcs du Québec depuis cinq ans.

Dans les 50 dernières années, de quelles réalisations de la fédération êtes-vous le plus fier?

Primo, on est passés d’une production marginale à la production la plus importante en termes d’exportations. C’est un des éléments pourquoi je me suis impliqué dans cette production-là. C’est une production en demande. C’est la viande la plus consommée au monde. Il y a des hommes et des femmes à l’époque qui ont su flairer ça et qui ont fait en sorte qu’on s’est structurés, qu’on s’est rassemblés.

Je suis aussi fier de faire partie d’une production qui a su se relever les manches. Souvent, on utilise le mot résilience. C’est vraiment ce qui nous identifie le mieux parce qu’on ne l’a pas eu facile. Dans les dernières années, les hommes et les femmes de cette organisation-là ont su trouver des solutions et s’adapter aux conditions difficiles qu’ils rencontraient. Ils ont su aussi profiter des bonnes occasions dans les années plus prospères afin de développer le secteur. Aujourd’hui, on est fiers de notre produit et qu’il soit reconnu à travers le monde pour sa qualité.

Dans les cinq dernières années comme président, qu’est-ce qui vous rend le plus fier?

C’est sûr qu’on a travaillé beaucoup au niveau de la responsabilité sociale. J’ai continué l’élan qui avait été pris par mes prédécesseurs au niveau de l’engagement environnemental. Mais on est allés plus loin avec l’engagement social : la cohabitation, tout le virage au niveau du bien-être animal, la santé… C’est sûr que notre rapport de responsabilité sociale, pour moi, c’est un bel accomplissement. Et c’est un engagement parce qu’on a des redditions de comptes à faire. Donc, pour moi, c’est quelque chose d’important. Ça a été reconnu par toute l’Assemblée nationale. En plus, beaucoup de personnes nous consultent à cet égard-là. On a été les premiers dans le domaine agricole.

Ensuite, au niveau de la santé. Tout ce qu’on a fait avec l’EQSP au niveau de la DEP. C’est une chose pour laquelle on peut être fiers. On a eu beaucoup de reconnaissances là-dessus. Il y a eu vraiment des gains pour les producteurs! À la ferme, on a maintenu nos troupeaux en santé. La rentabilité est au rendez-vous.

Il y a toute la démarche filière aussi. On a été capables de trouver une cohésion entre les maillons pour se donner un plan afin de travailler ensemble sur des éléments qui auront des retombées rapides pour toute la filière.

C’est sûr qu’il y a aussi la mise en marché. Dans la dernière année, on a renouvelé l’accord de mise en marché. Il y avait déjà un grand tournant qui avait été réalisé en 2009. On a une certaine continuité, avec quelques modifications qu’on a faites à l’intérieur de la convention de 2009 au niveau des ententes particulières, afin de permettre qu’il y ait plus de flexibilité au niveau des ententes et des liens d’affaires entre producteurs et acheteurs.

Cette année, les Éleveurs de porcs du Québec ont 50 ans. Comment voyez-vous l’exercice?

L’objectif du conseil d’administration était de vraiment souligner l’évolution de la production, souligner l’effort des hommes et des femmes qui se sont impliqués dans l’organisation. Donc, qui ont fait des sacrifices, qui ont été capables d’avoir une vision. C’était notre objectif premier. Aussi en même temps, nous voulions nous projeter vers l’avenir. Nous donner une perspective d’avenir. Clamer haut et fort qu’on va être encore là pour le futur. Comme nos prédécesseurs, on va s’assurer de s’adapter, d’innover et de profiter des belles perspectives de marché qui sont devant nous.

Vous parlez de se tourner vers l’avenir, innover, s’adapter… Quels sont les prochains défis à relever pour les Éleveurs de porcs?

Les perspectives sont dans le marché. Le Canada et l’Amérique du Nord est un marché principal qui offre de belles perspectives. L’Asie, on le voit cette année avec la Chine, est en grande demande. Ça confirme les prévisions.

Ensuite, il y a des attentes et des exigences des consommateurs. On va faire en sorte d’être une organisation qui va accompagner les producteurs, les outiller pour rencontrer ces exigences-là. Aussi, nous allons faire en sorte de rapprocher tous les maillons pour collaborer dans ces défis-là.

Ce qui inclut l’État aussi. Nous voulons qu’il continue à croire en la production porcine et qu’il continue à jouer leur rôle comme dans le passé.

Pour le futur, nous sommes un secteur qui a des grands besoins d’investissements. C’est donc important que l’état soit au rendez-vous avec des programmes d’accompagnement, des politiques de sécurité du revenu connues stables. Donc, ça, ce sont des choses sur lesquelles les producteurs sont en attente. Il faut vraiment que ces conditions soient en avant de nous, comme le marché doit être en avant de nous. Et après, il faut que tous les maillons collaborent pour faire face à tout ça. Cet automne, il y aura un grand forum au niveau de l’innovation. Il y a sûrement des défis qu’on va traiter durant ce forum-là.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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