Fini le lait jeté

Les productions sous gestion de l’offre s’ajustent aux changements causés par la COVID

Habituées à des demandes connues et régulières, les productions sous gestion de l’offre doivent composer avec une demande qui a grandement changé au cours des dernières semaines. Pour répondre à ces bouleversements, elles ont dû s’adapter très rapidement. Voici les solutions qu’elles ont trouvé.

Production laitière

En entrevue, le directeur communications, affaires politiques et vie syndicale aux Producteurs de lait du Québec, François Dumontier, explique que les nouvelles mesures mises en place par les Producteurs de lait du Québec ont permis de régler le problème du lait jeté à la ferme.

Pour le mois d’avril et la durée de la crise, les producteurs de lait ont le droit de produire 100% de leur quota, mais pas plus. « Toute production excédentaire à votre quota sera considéré hors quota et ne sera pas rémunéré et une pénalité sera appliquée », explique la directrice de la recherche économique Geneviève Rainville dans une vidéo diffusée sur la page Facebook des Producteurs de lait du Québec. Les producteurs ont bien répondu à l’appel, car en date du 17 avril, ils avaient réduit la production de 300 000 litres de lait par jour.

L’organisation a aussi décidé de maximiser l’entreposage de beurre et d’ajouter l’entreposage de fromage, de lait concentré et de poudre de lait.

Des dons de 4,3 millions de litres de lait ont été et seront fait aux banques alimentaires. « En quatre semaines, c’est l’équivalent des six dernières années en dons de lait », explique Geneviève Rainville.

Là où ça fait plus mal, c’est du côté des fromages fins. Plus de 50% des fromage ne sont pas achetés en épicerie. Bonne nouvelle, le lait de consommation se maintient. La consommation du yogourt a diminué, puis remontée.

Production de volaille

Les Producteurs de poulet du Canada se sont réunis le mardi 15 avril et ont décidé de couper l’entrée de poussins de 15% au niveau national pour la prochaine période de production. La réduction pour les provinces de l’Ouest est moindre, de l’ordre de 7,5%. Il y a donc deux niveaux différents pour permettre de répondre aux besoins des consommateurs d’un océan à l’autre.

Dans une vidéo présentée sur la page Facebook des Éleveurs de volaille du Québec, le président Pierre-Luc Leblanc explique qu’une formule sera développée pour que le Québec puisse retrouver ses allocations après la crise.

« Donc, c’est un bel élan de solidarité qu’on a eu ensemble d’un océan à l’autre afin d’avoir une allocation pour répondre à la demande », dit Pierre-Luc Leblanc.

Le dindons ont aussi connu une baisse de quota – de 10,6 millions au Canada et de 2,4 millions au Québec, mais c’était déjà décidé avant la crise de la COVID.

Présentation de Geneviève Rainville

 

Message de Pierre-Luc Leblanc

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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