Le développement du rumen est crucial pour le jeune veau

La régie d’élevage et la supplémentation peuvent aider au développement du rumen

Lorsqu’on maintient les veaux plus longtemps sur une alimentation lactée, on permet au rumen de se développer suffisamment pour absorber les nutriments importants. Lors du sevrage, il est impératif que l’épithélium du rumen fonctionne de manière optimale pour assurer une bonne absorption des acides gras volatiles (AGV).

Ceci est important puisqu’une meilleure absorption des nutriments après le sevrage permettra aux veaux de se développer plus rapidement, explique Jennifer Glenney dans un article publié sur Farmtario, basé sur une conférence virtuelle de la Dre Anne Laarman de l’Université de l’Alberta lors de l’événement Animal Nutrition Conference of Canada.

«Lorsque les veaux naissent, le rumen est extrêmement sous-développé et ne possède pas encore la capacité de transporter les AGV nécessaires à la croissance de l’animal», explique Anne Laarman. Cette chercheuse explique que les résultats des travaux de recherche sont valides autant chez les bovins laitiers que les bovins de boucherie.

Lorsqu’on sèvre les veaux trop tôt, des problèmes surviennent rapidement. Le veau n’est alors pas capable de compenser cette baisse soudaine d’énergie. Il en découle une moins bonne croissance.

«Nous avons tout intérêt à nous assurer que le rumen se développe correctement avant de commencer à compter sur lui pour l’absorption des nutriments», explique Anne Laarman.

Une étude réalisée à l’Université de Guelph en 2015, par Eckert et al., a démontré que les veaux sevrés à six semaines avaient une énorme baisse d’énergie digestible au sevrage comparativement aux veaux sevrés à huit semaines.

«Lorsque nous sevrons prématurément et supprimons entièrement le lait, cela réduit également l’apport énergétique digestible», explique Anne Laarman.

Lorsque les ruminants commencent un régime liquide – lait ou substitut de lait – ils dépendent du glucose comme substrat et de son absorption à travers l’intestin grêle. Au fur et à mesure qu’ils progressent vers une alimentation solide, les AGV deviennent importants et sont absorbés par le rumen.

Supplémentation et régie

Deux facteurs, la supplémentation et la régie, aident à réguler le pH intracellulaire qui favorisera l’absorption des AGV. La supplémentation en buryrate durant les semaines 7 et 8 augmentent l’apport d’AGV.  « La supplémentation en butyrate est l’une des stratégies les plus courantes pour améliorer le développement du rumen de veau et améliorer les capacités d’absorption des AGV », dit Anne Laarman.

Après la suppression de la supplémentation en butyrate de sodium à la semaine 9, l’apport de veaux en démarrage continue d’augmenter à 800 grammes par jour.

De plus, la supplémentation en butyrate correspondait à une augmentation de l’absorption des AGV.

En plus de la supplémentation en butyrate, l’ajout de glutamine, de glutamate et d’arginine est important car ils sont les substrats énergétiques préférés de l’intestin grêle. Le gros intestin préfère le butyrate comme substrat énergétique.

Attention au stress !

Au cours des premiers mois de vie, les facteurs de stress sont nombreux. Il est important d’isoler ces stress afin de d’améliorer la santé intestinale et de favoriser le développement du rumen.

Si les veaux sont vendus le jour de leur sevrage, ils subissent un stress supplémentaire. En plus du stress du sevrage, ils subiront le transport et une nouvelle alimentation au nouvel emplacement. Il est important d’isoler les facteurs de stress pour s’assurer que le veau n’en vive qu’un seul à la fois.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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