Le temps des fêtes sera difficile pour la filière porcine

La situation dans les abattoirs devient critique avec plus de 95 000 porcs en attente

Le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, a renoué avec les Facebook Live le jeudi 12 novembre 2020 pour faire le point sur la situation des porcs en attente. C’est que la situation inquiète à l’approche du temps des fêtes avec plus de 95 000 porcs en attente.

À la fin de la semaine se terminant le 8 novembre, le nombre de porcs en attente était de 95 300 avec un poids d’abattage de 116,8 kg pour le porc Qualité Québec.

« Quand je vois ces chiffres-là, je me dis qu’on va passer un temps des fêtes extrêmement difficile », dit David Duval. Il explique que cette période inclut 6 jours fériés, ce qui est l’équivalent d’une semaine d’abattage en moins. « Ça va être extrêmement difficile l’après-fêtes », ajoute-t-il.

Le nombre de porcs en attente ne cesse d’augmenter depuis septembre en raison d’une série de situations : remplacement d’équipement, bris et éclosions de COVID-19 dans certains abattoirs. Les abattoirs d’Olymel ont été plus touchés par la restriction de la capacité d’abattage alors que les autres abattoirs fonctionnent à plein régime.

Pour résoudre la situation, le président fonde espoir sur les quatre samedis prévus avant les fêtes dans la convention collective des employés de l’usine de Princeville, mais surtout, il implore les employés de tous les abattoirs d’accepter de faire du temps supplémentaire au moins une journée avant Noël.

Il pense aussi que d’autres abattoirs pourraient aider Olymel qui éprouve le plus de difficultés en ce moment. Pour cela, il faudra que les entreprises d’abattage laissent de côté leurs différents commerciaux. « J’insiste et j’invite tout le monde à se parler », dit-il.

Une autre solution envisagée par les Éleveurs de porcs est de limiter le nombre de porcs en provenance de l’Ontario. En temps normal, ces porcs ne causent pas de problèmes puisque les producteurs du Québec réussissent à écouler leurs porcs quand même et qu’en plus, ils aident à la compétitivité des abattoirs en les faisant fonctionner à plein régime. Mais pas quand il y a 95 000 porcs en attente.

En ce sens, les Éleveurs de porcs ont rencontré leurs homologues du Ontario Pork dans le but de trouver des solutions. De plus, Olymel a pris la décision de détourner des porcs de l’Ontario pour les envoyer à son abattoir de Red Deer en Alberta, mais aussi d’en envoyer aux États-Unis.

David Duval rappelle l’importance que la filière travaille ensemble. Et selon lui, il est important que le MAPAQ fasse partie des discussions pour régler le problème. « Quand je pense à toute la filière, ça inclut aussi le MAPAQ, dit-il. C’est un partenaire depuis toujours, il faut qu’il soit partie prenante de nos discussions et des solutions que nous trouverons, et ce, dès maintenant. »

David Duval aimerait que le nombre de porcs en attente diminue de 50 000 porcs avant Noël.

Le président des Éleveurs de porcs fera régulièrement le point sur la situation dans des Facebook Live d’ici Noël.

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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