Les génisses, ces futures vaches!

veaux

PHOTO: YVON THÉRIEN

« La façon que nous élevons nos génisses aura un impact sur la production laitière et la durée de vie des vaches. » C’est sur ces propos que le gérant de territoire Jocelyn Roy, de Shur-Gain, a débuté sa conférence sur l’élevage des génisses lors de la journée Au cœur de l’information agricole organisée par la Meunerie Bernard Breton le 5 avril dernier. Voici quelques points intéressants à retenir concernant l’élevage des génisses.

Âge au premier vêlage

Une étude américaine a comparé la production laitière de taures vêlant à 24 jusqu’à 30 mois. Les résultats ont démontré que les taures ayant leur premier veau à 24 mois produisent plus de lait. Au Canada, Brian Van Doormaal du Réseau laitier canadien a comparé la production laitière jusqu’à six ans des vaches ayant leur premier veau entre 22 et 33 mois. C’est lorsque les taures vêlent à 22 mois qu’elles produisent le plus de lait.

Taux de croissance

Jocelyn Roy

Jocelyn Roy. PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

Le taux de croissance des jeunes veaux est directement relié à la future production laitière. « À chaque 100 grammes de gain, nous aurons 226 kg de lait de plus », dit Jocelyn Roy. Il insiste même sur le fait qu’il s’agit là de l’information la plus importante à retenir dans tout son exposé sur l’élevage des génisses.

Alimentation pré-sevrage

L’alimentation des jeunes veaux avant le sevrage a un impact direct sur la production laitière. Un kilogramme de gain supplémentaire avant le sevrage représente 1540 kg de lait de plus en première lactation.

Colostrum

Des génisses qui reçoivent 4 litres de colostrum à la première tétée comparativement à 2 litres, ont un gain moyen quotidien plus élevé (2,2 contre 1,8 livres par jour), leur première chaleur est plus tôt (13,5 contre 14 mois), elles vivent plus longtemps dans le troupeau (87,1% survivent à la 2e lactation, contre 75,7) et elles produisent 2265 livres de plus de lait à la deuxième lactation.

Protocole de colostrum recommandé par Nutreco (Shur-Gain) :

  • 3 litres à la naissance
  • 2 litres après 6 heures
  • 2 litres après 12 heures

Alimentation lactée

Les études ont démontré une hausse d’efficacité alimentaire de 16% en raison des trois repas par jour, comparativement à deux repas par jour, soit un gain moyen quotidien de 0,95 kg par jour contre 0,86 kg par jour. Le lait doit être servi à la température du corps du veau, soit entre 39 et 42 °C. « Ce n’est pas toujours évident à réaliser », admet Jocelyn Roy. Cet aspect est cependant très important. Pendant les journées froides d’hiver (5 °C), spécialement pour les veaux gardés à l’extérieur, il faut ajouter un repas par jour ou augmenter la quantité de lait de 1 litre par repas.

Eau

Les veaux doivent avoir accès à de l’eau propre et dégourdie en tout temps.

Aliments solides

Les aliments solides préparent le rumen en créant de l’abrasion au rumen. Les papilles du rumen se développent en leur présence. Shur-Gain préconise l’incorporation de foin sec ou de paille dans la moulée pour justement aider au développement du rumen. Elle offre même un aliment complet (Rumimax) dans lequel la paille est déjà incorporée. Mais les producteurs peuvent eux-mêmes faire leur mélange avec le foin produit à la ferme. Le foin doit toutefois être d’une longueur idéale de 2 à 3 centimètres de long.

Une étude américaine a démontré que les veaux ayant 7,5 ou 15% de foin dans leur moulée ont mieux performé que les veaux n’ayant pas de foin dans leur moulée. « La clé est de trouver l’équilibre délicat entre le niveau des concentrés et les fourrages », dit Jocelyn Roy.

Un essai mené sur 33 fermes en Ontario en 2015 a démontré qu’après 122 jours (4 mois) les génisses nourries au Rumimax avaient un poids de 14,1 kg et une taille de 3,56 cm de plus que les génisses n’ayant pas reçu cette alimentation.

Post sevrage

La recherche des veaux a été axée principalement sur la période pré-sevrage. « Très peu est connu sur l’efficacité post-sevrage et les stratégies d’alimentation », explique Jocelyn Roy.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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