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Quelles alternatives pour l’alimentation des porcs et de la volaille?

Une nouvelle chaire de recherche vient de voir le jour à l’Université Laval. La Chaire de recherche sur les stratégies alternatives d’alimentation des porcs et des volailles a été lancée le 1er décembre 2017.

La Chaire est issue du partenariat des organismes suivants : le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, les Éleveurs de porcs du Québec, les Éleveurs de volailles du Québec, le Centre de recherche en sciences animales de Deschambault et le Centre de développement du porc du Québec (CDPQ). Au total, ces partenaires investiront 1 M$ sur cinq ans en plus de fournir l’équivalent de 300 000$ en biens et services.

Stratégies d’alimentation

Les stratégies d’alimentation des porcs et des volailles seront au cœur des travaux de la Chaire, dirigée par Marie-Pierre Létourneau-Montminy, professeure au Département des sciences animales. «Les coûts d’alimentation représentent plus de 60% du coût total de ces productions, explique Marie-Pierre Létourneau-Montminy dans un article de Jean Hamann publié dans le journal de l’Université (Le Fil). Pour l’instant, l’alimentation est surtout composée de maïs et de tourteau de soya et les fluctuations du prix de ces matières premières se répercutent directement sur les coûts de production.»

La titulaire de la Chaire et son équipe étudieront des solutions de remplacement auxquelles les producteurs pourront avoir recours lorsque les prix du maïs et du soya sont trop élevés. «On pense, entre autres, à des coproduits de boulangerie rejetés ou invendus, aux tourteaux de canola ou à des céréales comme l’avoine et le seigle qui pourraient être produites à un prix intéressant au Québec, dit-elle. Il reste à définir comment ces matières premières pourraient être utilisées de façon optimale dans l’alimentation du porc et de la volaille.»

Réduction des antibiotiques

L’équipe de la Chaire examinera aussi comment l’alimentation des animaux peut aider les producteurs à composer avec les lois limitant l’usage des antibiotiques dans les élevages. «L’Europe interdit l’usage préventif des antibiotiques depuis 2006 et des mesures similaires sont envisagées au Canada, rappelle la professeure. L’amélioration du microbiote intestinal des animaux peut aider à maintenir la productivité des élevages et le bien-être des animaux. Nous allons évaluer le potentiel de différents composés tels des acides organiques, des probiotiques, des prébiotiques alimentaires comme l’avoine ainsi que des enzymes sur la santé digestive et l’incidence de maladies chez les porcs et les volailles.»

Enfin, les chercheurs étudieront l’effet d’une diminution des apports en nutriments sur la croissance des animaux. «Les besoins en nutriments ne sont pas uniformes pendant la vie d’un animal, précise la professeure Létourneau-Montminy. En ajustant la composition des aliments aux besoins réels des animaux, on s’assure d’une croissance optimale, d’une réduction des coûts d’alimentation et d’une diminution des rejets en azote et en phosphore.»

Une retombée importante des travaux de cette chaire sera la formation de spécialistes dans le domaine des productions porcine et avicole. «Au cours des cinq prochaines années, au moins quatre étudiants à la maîtrise et au doctorat seront formés», dit Marie-Pierre Létourneau-Montminy. L’autre retombée importante est le partage de l’expertise qui sera développée. «Les résultats de nos travaux seront accessibles sur une plateforme Web. On y trouve déjà les résultats de travaux que nous avons menés grâce à une subvention RDC du CRSNG obtenue en 2014. Nous y ajouterons des communications scientifiques, mais aussi des textes vulgarisés à l’intention des conseillers agricoles et des producteurs.»

SOURCE: LEFIL.ULAVAL.CA

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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