Un pilier de la production porcine québécoise, Fernand Soucy, décède à l’âge de 99 ans

Le secteur porcin québécois ne serait pas le même sans son importante contribution

Lorsqu’on regarde l’importance du secteur porcin québécois, premier produit d’exportation agricole, on oublie parfois les noms des gens qui ont permis le développement de ce secteur. Le producteur de porc et sélectionneur Fernand Soucy de la Ferme du Mûrier de Saint-Édouard-de-Lotbinière faisait partie de ces bâtisseurs. À l’occasion du décès de M. Soucy à l’âge de 99 ans, voici un tour d’horizon de sa contribution à l’avancement de la production porcine au Québec.

En 1947, Fernand Soucy achetait une ferme de Saint-Édouard-de-Lotbinière. C’était une ferme laitière à laquelle s’est ajoutée quelques cochons. Très vite, Fernand Soucy est tombé en amour avec la production porcine. Il était un fin observateur et un passionné de la conformation. Au fil des ans, il a acheté des animaux de race pure de différents pays et a fait de la sélection génétique.

En 2007, son travail exceptionnel au niveau de la sélection génétique a été reconnue par le Centre canadien d’amélioration des porcs par la remise du prix du mérite des éleveurs de porcs. « Monsieur Fernand Soucy était persuadé qu’on pouvait obtenir un progrès génétique rapide par l’importation et l’évaluation du potentiel d’animaux étrangers. Il prônait les échanges de matériel génétique et il voulait aussi que les autres éleveurs puissent s’améliorer », peut-on lire dans le document de mise en candidature.

Leader

L’éleveur de porcs Pierre Marquis de Saint-Gervais dans Bellechasse a bien connu Fernand Soucy. En 1979, alors qu’il était étudiant en agriculture à Sainte-Croix-de-Lotbinière, Pierre Marquis s’offre pour donner un coup de main à la Ferme du Mûrier. Il y côtoie Fernand Soucy qui avait déjà une soixantaine d’années. Il est toujours resté en contact avec lui.

« C’était un des premiers à faire de la reproduction, raconte Pierre Marquis. C’était un monsieur ayant un sens très développé pour la conformation. Il est allé chercher des animaux en Suède, en Angleterre, au Danemark… Il est allé plusieurs fois aux États-Unis. Il apportait beaucoup de sang nouveau. Il avait des verrats dans tous les centres d’insémination au pays. Tous les éleveurs de porcs au Canada le connaissaient. »

Fernand Soucy était reconnu dans la Société des éleveurs de porcs. Il a fait partie des fondateurs du Congrès du porc du Québec. Ses animaux étaient primés dans toutes les expositions agricoles qui présentaient des sujets porcins de race pure à l’époque. En raison de sa grande expertise en conformation, il était souvent demandé comme juge des expositions.

Malgré ces grandes contributions, Pierre Marquis raconte de Fernand Soucy ne cherchait pas les honneurs.

Bâtisseur

Le responsable du secteur génétique au Centre de développement porcin du Québec (CDPQ), Frédéric Fortin, l’a rencontré à quelques reprises. Même s’il ne le connaît pas beaucoup personnellement, il sait à quel point le secteur lui est redevable. « J’ai plus connu son fils Charles. C’est un bon éleveur, mais son père (Fernand), c’est un grand personnage dans le domaine porcin », dit-il.

Frédéric Fortin rappelle que si la production porcine a autant d’importance aujourd’hui, c’est qu’il y a eu dans les années 1970, 1980 et après des bâtisseurs comme Fernand Soucy. « Il faut reconnaître le travail de ces gens-là », dit-il.

La Ferme du Mûrier est toujours en opération avec encore aujourd’hui un troupeau laitier Ayrshire et un troupeau porcin. C’est son petit-fils, Bruno Soucy qui l’opère. Le bâtiment porcin est toujours en opération, mais il s’agit aujourd’hui d’un engraissement commercial. Bruno est le fils d’Alain, l’aîné de Fernand qui avait pris la tête du troupeau laitier. Charles avait pris la responsabilité du troupeau porcin.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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