Des fraises sous tunnel

Le mode de culture des fraises au Québec est appelé à se transformer radicalement. D’après le professeur de l’Université Laval, Yves Desjardins, d’ici 10 ans, la plus grande part des fraises d’ici seront cultivées hors sol, en plein champ ou sous tunnel.

Les fraises seront cultivées dans des bacs sur de longues dalles à la hauteur de la taille, ou dans des pots. À l’Université Laval, on travaille actuellement sur le substrat idéal, qui retiendra l’eau tout en laissant filtrer les minéraux de surplus, en plus d’être réutilisable.

La culture hors sol aidera grandement à contrer les maladies du système racinaire, croit Yves Dejardins. Elle permettra aussi de contrôler précisément l’irrigation et l’apport en éléments nutritifs. En suspension de chaque côté des bacs, les fraises seront beaucoup plus faciles à récolter.

Couvertes d’un grand tunnel, elles seront à l’abri des intempéries et des maladies fongiques qui se développent en conditions humides. Leur qualité en sera rehaussée et elles pourront être récoltées beau temps mauvais temps.

Sous la supervision de Yves Desjardins, l'étudiante Christiana Sarraf mène des expériences sur le goût des fraises cultivées hors-sol.

Les Productions horticoles Demers, à Saint-Nicolas, collaborent aux essais de fraisiers sous grand tunnel. Selon le producteur Jacques Demers, la technique n’est pas encore suffisamment au point pour justifier un déploiement commercial.

Les gains de qualité issus de la protection des intempéries sont beaucoup moindres pour les fraises que pour les framboises, explique Jacques Demers. Si l’on investit dans des grands tunnels pour les fraises, ce sera pour atteindre une productivité supérieure à celle des champs, ou pour étirer la saison.

à propos de l'auteur

Éditeur et rédacteur en chef

Yvon Therien

Yvon Thérien est agronome et éditeur et rédacteur en chef au Bulletin des agriculteurs.

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