Lumière sur la lutte à l’E. coli

Le nombre croissant de toxi-infections liées à la consommation de fruits et légumes depuis l’épisode des épinards californiens contaminés à l’E. coli en 2006 garde les autorités sur un pied d’alerte à travers le monde entier.

La présence de la bactérie E. coli signifie qu’il y a eu contamination fécale récente de l’eau, des légumes ou de la viande analysée. Elle n’implique pas automatiquement que les gens qui consomment ces aliments seront malades, car ce ne sont pas toutes les souches de la bactérie qui sont problématiques. Celles qui le sont, par ailleurs, peuvent provoquer des maladies graves d’origine alimentaire et même causer la mort.

La contamination de fruits et légumes se fait par contact direct avec des matières fécales à un stade ou à un autre de la culture. Elle peut également survenir si l’eau servant à l’irrigation est contaminée.

La bonne nouvelle de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) en ce qui concerne l’eau d’irrigation est que les microorganismes présents dans l’eau et causant des problèmes de santé humaine ne sont pas bien équipés pour survivre dans un environnement agricole et sur les cultures. « Les cultures ont des mécanismes de défense (naturels) pour lutter contre les microorganismes qui causent des problèmes phytosanitaires », explique Caroline Côté, agronome et chercheuse en hygiène de l’environnement agricole et salubrité des cultures à l’IRDA.

Autrement dit, les pathogènes meurent d’eux-mêmes après un certain temps. La sècheresse et l’exposition aux rayons UV du soleil sont des facteurs qui contribuent à réduire le nombre de bactéries.

Les résultats préliminaires de cette étude pourraient inciter les programmes de salubrité, comme le CanadaGAP, à réviser leurs critères. Pour le moment, il n’est question que du contenu de l’eau. Celui-ci ne doit pas dépasser 100 coliformes fécaux par 100 ml d’eau. Des critères plus efficaces et plus flexibles verraient le délai sécuritaire d’application de l’eau varier selon le contenu de l’eau.

Il ne faut toutefois pas s’attendre à des changements de règlementations à court terme, précise Caroline Côté. Tout dépendra si les recommandations de l’IRDA sont appuyées par les chercheurs sur la scène internationale. L’opinion publique peut cependant invalider tous ces efforts : si les gens perçoivent un risque, malgré ce qu’en dit la science, l’industrie aura les mains liées. On n’a qu’à se rappeler de la contamination de bœuf à l’E. coli en Alberta l’an dernier : toute la viande qui aurait pu être consommée de façon sécuritaire si elle avait été cuite a dû être jetée.

L’article complet de Suzanne Deutsch sur le sujet est publié dans le numéro de mai 2013 du Bulletin des agriculteurs.

 

à propos de l'auteur

La référence en nouvelles technologies agricoles au Québec.

Le Bulletin des agriculteurs

Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs traite des tendances, des innovations et des dernières avancées en matière de cultures, d’élevages et de machinisme agricole dans le but de faire prospérer les entreprises agricoles d’ici.  

Articles récents de Le Bulletin des agriculteurs

Commentaires