*Cette année, plus que toutes autres, le contrôle des mauvaises herbes dans les prairies a causé bien des maux de têtes ! À mon sens, il en va du contrôle des mauvaises herbes comme de la gestion d’une entreprise : le mot d’ordre, c’est d’AN-TI-CI-PER les problèmes, plutôt que de les SUBIR !
À lire aussi

Agenda des événements agricoles
Portes ouvertes à l’Institut de technologie agroalimentaire, portes ouvertes sur les fermes du Québec :tous les détails dans votre agenda hebdomadaire des évènements agricoles.
Il est en effet très difficile d’éliminer les mauvaises herbes une fois celles-ci développées: seules les fauches successives en viendront progressivement à bout, mais la qualité et le rendement des 1eres coupes seront faibles, voire nuls. Et que dire de la « banque de semences » de mauvaises herbes qui va rester en terre plusieurs années?
Pourtant, il est tout à fait possible de prévenir ces « débordements » en modifiant votre régie de culture. Voici donc quelques éléments de réflexion pour vous y aider :
• Dès cet automne, prévoyez une destruction des annuelles et vivaces. Aussi, le travail du sol (labour) permettra d’enfouir et d’éliminer partiellement les semences de mauvaises herbes.
• Prévoyez acheter des semences certifiées. L’utilisation de semences certifiées diminue considérablement le risque de contamination par les mauvaises herbes.
• Intégrez de nouvelles cultures dans votre rotation. Par exemple, semez du soya ou des céréales l’année qui précède l’implantation de la prairie. Envisagez aussi de semer des engrais verts si vous en avez la possibilité.
• Semer tôt : une fois le couvert végétal refermé, les mauvaises herbes n’ont pratiquement plus de chance de germer. Devancer le semis permet de contrôler les infestations de graminées à levées tardives.
• Augmentez votre densité de semis : dans un essai de comparaison en semis pur à Compton en Estrie (semis 2012), nous avons mesuré en 1ere coupe presque le double de rendement net (rendement brut moins les mauvaises herbes). Les taux de semis en comparaisons étaient de 9 vs 13 kg/ha pour la luzerne et de 7,5 vs 15 kg/ha pour le brome mélangé.

• Choisissez des variétés agressives qui s’implantent plus rapidement, ou semez avec une plante abri. Par exemple, les luzernes hybrides, les luzernes « Stand-Fast » (Tenue-regain), ou bien encore les trèfles rouges sont plus agressifs l’année d’implantation et surpassent plus rapidement les mauvaises herbes.
Le saviez-vous ?
Selon l’université du Michigan, le fumier de bovins laitiers contient environ 75 000 graines de mauvaises herbes par tonne. Les espèces fréquemment rencontrées sont le chou gras, l’amarante, la moutarde, la sétaire jaune et le pissenlit. En théorie, une application de 20 tonnes de fumier par hectare ajoute 150 graines de mauvaises herbes par mètre carré, soit plus de 1 million de graines par hectare !
Quelques conseils pour limiter cette contamination :
• Assurez-vous d’un broyage fin de la moulée. Le chauffage dans le processus de cubage élimine la quasi-totalité des mauvaises herbes.
• Faire un bon désherbage des céréales et du foin produit à la ferme. Faire un criblage au besoin.
• Faire une vérification visuelle de la paille achetée en la secouant. Ou encore utilisez du bran de scie.
Sources : Prévention des mauvaises herbes des grandes cultures, Yvon Douville
*Texte écrit par Benoit Fradin, en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères.