Assemblée semi-annuelle de la Fédération des producteurs de lait du Québec

Québec (Québec), 12 novembre 2008 – S’adressant aux participants àl’assemblée générale semi-annuelle de la Fédération des producteurs de lait duQuébec (FPLQ), dans un contexte de campagne électorale québécoise, leprésident de la FPLQ, M. Marcel Groleau, a demandé aux partis politiques québécois de s’engager à faire du Québec le champion de l’exception agricole et de la reconnaissance du droit des peuples à la souveraineté alimentaire. Les crises alimentaires, financières et environnementales démontrent avecéloquence que la déréglementation n’est pas une solution.

« A l’heure où les grands leaders mondiaux cherchent des solutions, seulsceux qui sont aveuglés par l’idéologie pensent qu’il faut plus dedéréglementation, de retrait de l’Etat et d’ouverture complète des marchésagricoles pour régler les crises alimentaires, financières etenvironnementales. Nos deux paliers de gouvernements doivent embarquer dans labataille de l’exception agricole comme ils l’ont fait pour l’exceptionculturelle. Faire reconnaître l’exception agricole et le droit à lasouveraineté alimentaire dans les ententes internationales est une obligationdes gouvernements en vertu notamment du droit des peuples à l’alimentation,reconnu par l’Organisation des Nations unies (ONU) » a affirmé M. Groleau. Il aexpliqué que l’exception agricole, c’est reconnaître que l’agriculture n’estpas un secteur économique comme les autres, qu’elle est la source des alimentsessentiels à la vie. Elle joue de plus un rôle indispensable d’occupation etd’entretien du territoire.

Pour le président de la FPLQ, alors que plus d’un milliard de personnessouffrent de la faim dans le monde, libéraliser le commerce agricole n’est pasune solution viable à la crise alimentaire, car il se fait entre payssolvables. « Réalistement, ni l’Europe, ni les Etats-Unis ne vont ouvrir leursmarchés. Jamais ils ne céderont leur droit de nourrir leur population auxsimples règles du commerce. Les grands marchés lucratifs demeurerontinaccessibles aux pays pauvres » a-t-il spécifié.

Pour cette raison, M. Groleau estime que le cycle de négociation de Doha,à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), est voué à l’échec, accord oupas. « Cet été, nous sommes passés très près d’une entente qui aurait étédévastatrice pour nous et pour la majorité des agriculteurs du monde. Uneentente dont l’ensemble des producteurs agricoles de la planète ne voulaitpas. Nos dirigeants politiques ne doivent en aucun cas accepter la visionfataliste de certains leaders d’opinion qui, tout en reconnaissant lesqualités de la gestion de l’offre, considèrent inéluctable une ouverture desfrontières qui contribuerait pourtant à la détruire » a spécifié M. Groleau.

Pour lui, seul le plan A, soit le maintien intégral de la gestion del’offre, est envisageable pour les producteurs de lait québécois, selon lesparamètres du mandat confié au négociateur canadien par la motion de laChambre des communes du 22 novembre 2005. Il demande au gouvernement du Canadaet du Québec de développer une stratégie offensive pour la suite desnégociations. « Le plan A, c’est lui qui fait qu’on a encore 6 600 fermeslaitières familiales, à échelle humaine, réparties sur tout le territoire. Sion en avait perdu au même rythme que les Américains depuis 15 ans, on enaurait 5 600. Le plan A, c’est celui qui nous permet d’aider collectivementau démarrage de 10 nouvelles fermes laitières, soutenues par leur milieu, tousles ans » a-t-il ajouté.

Marcel Groleau réfute l’idée qu’un plan B au maintient de la gestion del’offre puisse être envisagé pour faire face à une éventuelle entente à l’OMC.« Le plan B, ça veut dire déréglementer et subventionner, par un soutiendirect, les producteurs de lait, d’oeufs et de volaille alors qu’en ce moment,la gestion de l’offre nous permet de vivre du marché, sans subventions pourstabiliser et compléter notre prix. Avec le plan B, si le gouvernement duQuébec trouve le déficit actuel de La Financière agricole inconfortable, iln’a rien vu ! » a déclaré M. Groleau.

« C’est la gestion de l’offre et la mise en marché collective qui nous ontdonné les outils pour développer des créneaux rentables, comme celui du laitbiologique et qui nous a permis de faire du Québec le leader du secteurfromager canadien en aidant au développement des fromages artisanaux. C’estgrâce à ce modèle que nous pouvons consacrer plus de 6 millions de dollars parannée en promotion des fromages fins, ce qui nous a permis de lancer notremagasin nomade et d’aider financièrement les petites fromageries durant lacrise de la listériose » a conclu Marcel Groleau, en ajoutant que la seulevéritable alternative viable à la libéralisation du commerce agricole est lasouveraineté alimentaire.

La Fédération des producteurs de lait du Québec représente les 13 500producteurs et productrices de lait et les 6800 fermes laitières de laprovince. Les producteurs québécois livrent annuellement près de 3 milliardsde litres de lait dont la vente totalise des recettes à la ferme de plus de 2milliards de dollars. La production laitière génère au Québec quelque 61 000emplois et plus de 3,6 milliards de dollars d’activité économique.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

La Financière agricole du Québec
http://www.financiereagricole.qc.ca

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
http://www.fao.org

Organisation mondiale du commerce (OMC)
http://www.wto.org/

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