Blé d’automne : évaluer la survie

À quoi ressemblent vos champs de blé d’automne? Ont-ils bien survécu la saison froide? D’après les premiers échos recueillis par Le Bulletin.com, la survie hivernale cette année semble bonne.

Voici quelques conseils pour évaluer la survie du blé d’automne rendu au printemps et décider de resemer ou non, recueillis auprès de Nadia Gagnon, agronome chez Semestrie.

Le blé qui a survécu verdira rapidement. Si l’on a des doutes, on peut arracher le plant. S’il s’arrache facilement, ou qu’il se détache de sa racine, c’est mauvais signe. On peut aussi observer de la pourriture et des odeurs.

Si le champ ne verdit pas de façon uniforme, ou s’il présente des signes évidents qu’une bonne partie de sa population a mal survécu à l’hiver, il faut évaluer les pertes de population.

Les pertes se présentent généralement de deux façons : réparties plus ou moins régulièrement sur chacun des rangs, ou en régions du champ plus lourdement touchées.

Dans le premier scénario, on voudra compter le nombre de plants qui ont survécu. Si l’on a cherché à obtenir environ 66 plants au mètre linéaire au semis, on peut tolérer descendre aussi bas que 20 plants au mètre linéaire lorsqu’on évalue la survie, affirme Nadia Gagnon.

« À 20 plants au mètre, on obtiendra 85 % du potentiel de rendement. À ce niveau, on ne détruit pas un champ de blé d’automne », soutient l’agronome.

On peut estimer que dans une telle situation, le potentiel de rendement du champ est passé de 2 à 1,7 tonne à l’acre. Si on décide de détruire et de resemer, notre culture de remplacement devra donner au moins l’équivalent de 1,7 t/a, plus le coût du resemis.

Or, le rendement potentiel du blé de printemps est inférieur à celui du blé d’automne. Son rendement sera aussi tiré à la baisse par un semis plus tardif que si le champ avait été ensemencé le plus tôt possible au printemps.

Un blé d’automne qui n’a plus que le tiers de sa population au printemps est capable de compenser, soutient Nadia Gagnon. « Ce blé aura tendance à taller plus et il comblera le rendement. Avec moins de compétition à même le rang, chaque épi produira plus. »

Pertes localisées

Les pertes peuvent aussi se concentrer à des endroits précis, sur de petites, moyennes ou grandes surfaces où l’eau et la glace au printemps ont nui au blé.

Il faudra alors faire preuve de jugement. Lorsque les pertes se présentent ainsi, on peut les tolérer sur jusqu’à 25 % de la superficie du champ. Tout dépendant de la disposition et de la taille des secteurs avec une mauvaise survie, on pourra décider de resemer seulement dans ces secteurs. Certains producteurs y ajouteront de l’orge, pour utilisation à la ferme.

D’après Nadia Gagnon, ce n’est pas nécessairement l’absence d’un couvert de neige qui porte atteinte au blé d’automne. À preuve, l’hiver qui se termine a très peu vu neiger en Estrie.

« La neige est un isolant, explique l’agronome. Mais le blé peut résister jusqu’à -24 oC. C’est une question de température et de nombre de jours exposé à cette température. »

Le meilleur moyen d’améliorer la survie à l’hiver est de choisir des champs qui s’égouttent et se drainent bien au printemps.

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