Bruxelles met Paris en demeure de lever l’embargo sur le boeuf britannique

France, 20 mars 2002 – La Commission européenne vient de mettre Paris en demeure de lever l’embargo sur la viande bovine britannique. La France a maintenu ses frontières fermées malgré le feu vert des vétérinaires européens à la reprise des échanges avec le Royaume-Uni en août 1999 après quatre années de gel de ses exportations. Elle a été condamnée il y a quelques semaines pour cette raison par la Cour de Justice de Luxembourg, qui avait toutefois reconnu une certaine légitimité à la position de la France. Le ministre de l’Agriculture, qui était encore Jean Glavany avait alors une nouvelle fois refusé de lever l’embargo, arguant du manque d’informations sur la réalité de la situation sanitaire du cheptel britannique et sur le retard à appliquer les dispositions communautaires de sécurité sanitaire.

La France a trente jours pour répondre à la mise en demeure de la commission européenne. Si sa réponse n’est pas jugée satisfaisante, Bruxelles peut alors très rapidement décidé d’une sanction financière contre la France, sous forme de pénalités quotidiennes correspondant au nombre de jours de retard à s’exécuter. Le ministère de l’Agriculture précise que le Royaume-Uni a en partie corrigé certains des manquements que la France lui reprochait. L’étiquetage a été amélioré, mais la vraie question est de savoir si les services vétérinaires ont pu réaliser tous les tests de dépistage nécessaires à une bonne appréciation de la prévalence de la maladie de la vache folle. Des discussions sont en cours entre l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et son homologue britannique la FSA (Food Security Agency) pour l’établir.

Aucune décision n’a été prise par le nouveau ministre français de l’Agriculture, François Patriat, mais on peut douter de l’intérêt que le gouvernement verra à lever l’embargo en pleine période électorale.

Cette affaire évoquée par Tony Blair, Premier ministre britannique avec le président de la Commission européenne Romano Prodi, en marge du sommet européen de Barcelone, a pris un tour résolument politique. Le Royaume-Uni estime que la position de la France jette l’opprobre sur sa capacité à gérer ses affaires, plus qu’il n’y voit un manque à gagner.Les exportations de viande britannique vers l’Europe n’ont pas dépassé 500 tonnes annuelles depuis la réouverture des frontières en août 1999.

Source : Les Échos

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