Déjà 5 cas de DÉP

Depuis l’annonce du premier cas de diarrhée épidémique porcine sur une ferme canadienne le 23 janvier dernier, l’industrie porcine québécoise et canadienne a été ébranlée. Voici les nouvelles en bref sur cette maladie :

5 cas et plus en Ontario

En date du 31 janvier dernier, cinq cas de diarrhée épidémique porcine (DÉP) étaient confirmés sur des fermes en Ontario. Le premier cas date du 22 janvier et le plus récent, du 31 janvier. Le virus a de plus été décelé dans trois autres endroits : un parc de rassemblement de porcs, une cour de camionnage et une usine de transformation.

Sortie vers l’abattoir

En entrevue avec LeBulletin.com, Bill Wymenga, producteur de porcs et directeur sur le conseil d’administration d’Ontario Pork, explique que des mesures seront prises pour permettre l’abattage des porcs du premier élevage porcin touché par la DÉP. Ceci devrait avoir lieu dans les prochains jours. Des mesures strictes de nettoyage, séchage, désinfection et vérification devront être prises pour tout camion connu pour avoir transporté le virus. Chez les porcelets, la maladie est fatale pour la très grande majorité d’entre eux. Ontario Pork encourage les producteurs de porcs à incinérer sur la ferme les animaux morts de la maladie. « Parfois, ce n’est pas possible », ajoute Bill Wymenga. Les porcs sont dans ce cas collectés par un équarrisseur. Les porcs plus âgés sont pour leur part malades pendant environ une semaine et développent ensuite une immunité contre le virus.

Futur en Ontario

Bill Wymenga explique que l’objectif est dorénavant de contrôler et de gérer la maladie, afin que la maladie ne se propage pas à d’autres élevages.

0 ferme au Québec, mais…

À ce jour, aucune ferme n’a été confirmée positive à la diarrhée épidémique porcine. Cependant, le virus a été décelé deux fois. La première fois, l’échantillon a été prélevé sur le quai de déchargement de l’abattoir Saint-Esprit d’Olymel. Les mesures de biosécurité ont été renforcées et les échantillons ont été multipliés. Aucun nouvel échantillon positif au virus n’a été trouvé depuis, explique le porte-parole d’Olymel, Richard Vigneault. Toutefois, le 24 janvier, un camion a testé positif. Après lavage et désinfection, une nouvelle analyse du camion le lendemain n’a pas permis de retrouver la trace du virus. Aucun autre cas n’est connu.

Maintenant que le virus est présent sur des fermes en Ontario, la menace ne vient plus seulement des États-Unis, mais aussi de la province voisine. « Il y a des porcelets élevés au Québec qui sont achetés en Ontario », rappelle le chef d’équipe de l’équipe santé de l’Équipe québécoise de santé porcine (ÉQSP), François Cardinal

Toujours plus aux États-Unis

En date du 29 janvier, 2692 cas avaient été répertoriés aux États-Unis. Seulement dans la semaine du 19 janvier, 215 nouveaux cas ont été recensés, le chiffres le plus élevé depuis le début de l’épisode de DÉP en avril 2013. Le nombre d’états affectés reste le même : 23.

Un vaccin à venir?

Le 30 janvier dernier, nous apprenions que le ministre fédéral de l’Agriculture, Gerry Ritz permettra à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) d’émettre des permis d’importation d’un vaccin contre la maladie. Selon le ministre, les études préliminaires du fabricant du vaccin montrent que les porcs vaccinés ont développé des anticorps contre le virus de la diarrhée épidémique porcine.

François Cardinal est sceptique. « Le message a toujours été le même : il n’existe pas de vaccin efficace contre cette maladie », dit-il. Il explique que le virus mute très rapidement, ce qui explique pourquoi il est si difficile de créer un vaccin efficace. Il compare le virus de la DÉP à celui du SRRP pour lequel il n’y a pas de vaccin efficace. Autre élément à considérer : la venue d’un vaccin n’est pas pour demain, selon François Cardinal. « C’est important que les producteurs comprennent qu’il ne faut pas relâcher la biosécurité », dit-il.

Une santé porcine changée à jamais

Le vétérinaire François Cardinal insiste sur un point : les protocoles mis en place récemment doivent rester. « Les États-Unis ne reviendront pas indemnes, dit-il. La production porcine ne sera plus jamais la même. Il faut que les mesures de biosécurité mises en place soient permanentes. » L’Équipe québécoise de santé porcine travaillera pour éviter l’entrée de la maladie et lorsqu’elle sera présente, le but sera de l’éliminer le plus rapidement possible. « Nous serons en situation permanente de réaction », ajoute-t-il.

Deuxième souche

Une deuxième souche du virus a été trouvée aux États-Unis. Selon François Cardinal, le risque de recontamination avec la deuxième souche est réel. « C’est possible car ce sont deux souches trop différentes, dit-il. C’est le problème actuellement en Chine. C’est ce qui explique pourquoi c’est si difficile de combattre cette maladie. » La maladie est connue depuis les années 1970, en Grande-Bretagne. Elle a ensuite migré en Asie où son contrôle est difficile.

Maladie porcine seulement

Bill Wymenga insiste sur le fait que la DÉP ne touche que les porcs. « Ce n’est pas un problème de santé humaine, ni un problème d’innocuité », dit-il. Le but étant bien sûr de ne pas affecter l’achat de viande de porc par les consommateurs.

Évènements à ne pas manquer :

Soirée Techni-porcs 2014 sur la DÉP

Formations DÉP jusqu’au 4 mars

Plus d’info :

ÉQSP, état de la situation

Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario (MAAARO)

Association américaine des vétérinaires en santé porcine (en anglais)

Autres articles :

Cas confirmé de DÉP au Canada

Le nombre de cas de DÉP toujours en croissance

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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