Du jamais vu : 14,7 millions de bovins au pays

Ottawa (Ontario), 18 février 2004 – Le cheptel de bovins du Canada a monté en flèche pour atteindre un sommet de 14,7 millions de têtes au 1er janvier, à la suite d’une interdiction mondiale d’exportation de bovins canadiens en raison de la maladie de la vache folle.

Selon l’Enquête sur le bétail menée auprès de 10 000 agriculteurs en décembre et en janvier, les producteurs de boeuf avaient 1,2 million de têtes de bovins de plus dans leur ferme qu’au 1er janvier 2003. Cette hausse de 8,7 % s’explique en grande partie par la réduction de la commercialisation.

Cette enquête a également montré un fléchissement de 0,4 % des stocks de porcs, qui se sont fixés à 14,6 millions de têtes.

Les résultats de l’enquête reflètent l’incidence d’une interdiction d’exportation de boeuf canadien à la suite de la découverte d’un seul cas d’encéphalopathie spongiforme des bovins (ESB), ou maladie de la vache folle, le 20 mai 2003. La frontière est demeurée fermée à toutes les exportations de boeuf canadien jusqu’en septembre 2003. À ce moment, les États-Unis, que plusieurs autres pays ont imités, ont accepté d’autoriser l’importation de boeuf canadien désossé extrait d’animaux de moins de 30 mois, selon un processus d’attribution de permis.

Stocks de bétail

1er janvier

  Bovins Porcs Moutons
  2003 2004 2003 2004 2003 2004
  en milliers de têtes
Canada 13 488 14 660 14 672 14 608  976  997
Atlantique  289  296  374  366  33  34
Québec 1 303 1 420 4 280 4 250  230  250
Ontario 2 110 2 224 3 661 3 670  280  270
Manitoba 1 250 1 450 2 825 2 852  74  82
Saskatchewan 2 543 2 855 1 230 1 250  115  125
Alberta 5 310 5 675 2 140 2 050  187  175
Colombie-Britannique  683  740  162  170  57  61
Nota:  Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux.

Ces résultats ne reflètent pas la découverte subséquente du 23 décembre 2003, où des tests sur une vache laitière de l’état de Washington ont révélé la présence d’ESB. Cette vache laitière provenait du nord de l’Alberta.

La taille des cheptels a augmenté dans toutes les provinces, tandis que les exportations se sont pratiquement effondrées à la suite de la mise en place de l’interdiction d’exportation. Le cheptel a augmenté de 16,0 % au Manitoba, soit la plus forte hausse, tandis que celui de la Saskatchewan a crû de 12,3%. Celui de l’Alberta a connu une augmentation plus modeste (+6,9%).

Les agriculteurs ont déclaré une augmentation du bétail dans les exploitations de naissage et de semi-finition, tandis que le nombre d’animaux dans les parcs d’engraissement a chuté. Par exemple, les producteurs d’exploitations de naissage ont déclaré 9,0 millions d’animaux, en hausse de 11,0 %.

Les agriculteurs de l’ouest du Canada détiennent près des trois quarts du cheptel national, l’Alberta à elle seule en comptait 38,7 % le 1er janvier 2004, soit environ 5,7 millions d’animaux. Un an auparavant, le cheptel de bovins de l’Alberta avait diminué de 8,8 %, en raison de deux années de sécheresse, ainsi que de la rareté des stocks d’aliments pour animaux et du prix élevé de ces aliments.

Après la mise en place de l’interdiction, il y a eu beaucoup moins d’animaux dans les parcs d’engraissement de l’Alberta, là où on procède normalement à leur finition avant de les envoyer à la transformation.L’industrie bovine rapporte 7,7 milliards de dollars par année

Depuis la fin des années 1980, l’industrie bovine au Canada a pris de l’expansion au point où sa valeur est estimée à 7,7 milliards de dollars par année pour les agriculteurs. Cette expansion a coïncidé avec le libre-échange et s’explique principalement par les exportations aux États-Unis. La consommation au pays est demeurée stable ou a diminué.

Les exportations de bétail et de viande de boeuf du Canada à l’ensemble des pays se sont pratiquement effondrées après l’imposition de l’interdiction en mai dernier. La vaste majorité sont destinées au sud, c’est-à-dire aux États-Unis.

En général, en 2003, les agriculteurs ont exporté environ 509,0 milliers de têtes de bétail à l’ensemble des pays, soit seulement 30 % du niveau de 2002. Les exportations de boeuf ont chuté de près de 40 % et se sont fixées à environ 300 000 tonnes métriques.

Les exportations de bétail ont diminué de 70 % pour les États-Unis seulement, tandis que les exportations de boeuf ont fléchi d’environ 37 %.

Au total en 2002, la valeur en dollars des exportations totales de bovins et de boeuf a atteint 3,9 milliards de dollars, soit l’équivalent de 11 millions de dollars de ventes par jour. Ce total se compose de 1,8 milliard de dollars de bovins et de veaux, et de 2,1 milliards de dollars de boeuf.

En 2002, le total des exportations à destination des États-Unis s’est élevé à 3,6 milliards de dollars. Les exportations de viande et de bovins vivants ont totalisé 1,8 milliard de dollars chacune.

Chute des prix et des recettes monétaires
Les prix de tous les bovins, soit les animaux d’abattage, les animaux d’engraissement et les veaux, ont chuté en raison du surplus intérieur attribuable à la chute des exportations.

Les prix des bovins d’abattage ont été les plus durement touchés. Par exemple, en juillet, le prix des bovins d’abattage en Alberta représentait environ 35 % du prix avant la fermeture des frontières. Cette chute s’est reflétée dans tout le pays.

Les prix des bovins d’engraissement ont également été durement touchés, bien que les conséquences aient été moins graves. En Alberta, les prix des bovins d’engraissement ont diminué d’environ 40 %.

Les recettes du marché pour les bovins et les veaux ont chuté à moins de 500 millions de dollars au troisième trimestre de 2003, en baisse de 73 % par rapport à 1,8 milliard de dollars enregistré au troisième trimestre de 2002.

En 2003, en raison de la diminution de la demande d’exportation de boeuf, on a abattu quelque 322 000 bovins de moins qu’en 2002, en baisse de 8,4 %. Les stocks de boeuf congelé ou frigorifié conservés en entrepôts frigorifiques ont atteint un sommet de 39 000 tonnes métriques en novembre, soit 54 % de plus qu’en novembre 2002.

Les programmes de paiements gouvernementaux aideront les agriculteurs à absorber le choc. Le principal programme, soit le Programme de recouvrement Encéphalopathie Spongiforme des Bovins, a versé environ 280 millions de dollars aux producteurs entre juillet et septembre 2003.

De plus, les recettes monétaires avant l’interdiction étaient considérablement supérieures, et la situation s’est en effet améliorée au quatrième trimestre de 2003.

Il semble que les consommateurs aient bénéficié de prix du boeuf plus favorables. Selon l’lndice des prix à la consommation, les prix du boeuf ont chuté considérablement au cours de l’été et ont atteint un creux en septembre. Par exemple, le prix du boeuf haché a chuté de 24 % entre avril et septembre 2003. Cette chute, conjuguée aux préoccupations des consommateurs envers l’industrie, aurait encouragé les ventes de boeuf, contribuant ainsi à limiter le surplus.

Diminution des stocks de porcs et affaissement des prix
Le repli de 0,4 % des stocks de porcs survient à la suite d’une réduction des prix du porc au cours des deux dernières années, qui a donné lieu à de faibles bénéfices ou à des pertes pour les producteurs. Les prix diminuent depuis juin, ces derniers s’étant affaissés d’environ 25 % de juin à décembre.

De nombreux producteurs de porcs ne sont pas touchés immédiatement par l’évolution des prix du marché puisqu’ils produisent à contrat. Malgré tout, la croissance dans le secteur porcin est limitée, à la suite de l’expansion des dernières années dont la moyenne annuelle a souvent été de 5,0 %.

En 2003, les exportations, surtout celles à destination des États-Unis, ont augmenté au cours des trois premiers trimestres avant de chuter au dernier trimestre. Comme le Canada expédie de jeunes porcs aux États-Unis pour les faire engraisser, le cheptel de reproduction a en réalité augmenté de façon marginale, bien que le nombre total de porcs dans les fermes ait diminué.

Les rapports Statistiques de bovins, vol. 3, no 1 (23-012-XIF, gratuit), Statistiques de porcs, vol. 3, no 1 (23-010-XIF, gratuit) et Statistiques de moutons, vol. 3, no 1 (23-011-XIF, gratuit) sont maintenant accessibles en ligne. À la page Nos produits et services, sous Parcourir les publications Internet, choisissez Gratuites, puis Agriculture.

L’article analytique La maladie de la vache folle et le commerce du boeuf : une mise à jour (11-621-MIF2004010, gratuit) est maintenant offert en ligne dans la série Analyse en bref.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

Commentaires