Forte progression de la consommation de viande chevaline en France

Bordeaux (France), 25 mai 2001 – Conséquence des crises de la « vache folle » et de la fièvre aphteuse, la consommation de la viande chevaline en France est en forte augmentation depuis le dernier trimestre 2000.

Selon l’OFIVAL (Office national des viandes de l’élevage et de l’aviculture) et la SECODIP (Société d’études de la consommation, distribution et publicité), qui ont communiqué leurs chiffres vendredi matin au Salon de l’Agriculture d’Aquitaine qui se déroule jusqu’à dimanche à Bordeaux, la progression a été de l’ordre de 30% lors des mois de novembre et décembre 2000, après une légère baisse sur les dix premiers mois de l’année.

Et cette évolution s’est confirmée sur le premier trimestre 2001, avec une hausse de 38% par rapport à la même période de l’an dernier.

Pour l’ensemble de l’année 2000, d’après l’OFIVAL, la consommation annuelle par personne correspond à 800 grammes, contre 600 grammes en 1998. Si la tendance se confirme, le niveau de 2001 pourrait se rapprocher de celui de 1988, avec 1,1 kilo par personne pour l’année.

La viande de cheval reste cependant très en retrait par rapport au trio de tête: 36,2 kilos par personne pour le porc, 24,2 pour la volaille et 21,7 pour le boeuf. « Cette forte augmentation porte sur des quantités encore faibles », confirme Aimé Savy, de l’OFIVAL.

Cette hausse de la demande s’accompagne de celle des cours, selon Pierre Peres, représentant des éleveurs de chevaux de trait d’Aquitaine: « les cours étaient de 14ff le kilo en novembre, ils sont désormais aux alentours de 20ff ».

Paradoxalement, les éleveurs de chevaux encouragent les consommateurs à se diriger vers cette viande. Jean-Pierre Dornic, président de « Chevaux du monde en Aquitaine », affirme qu’« il faut manger du cheval pour assurer la survie de certaines espèces. Sinon, nos petits-enfants ne les verront plus qu’en photos ».

C’est particulièrement vrai pour les chevaux de trait, qui n’ont plus d’utilisation agricole. « A l’heure actuelle, 80% sont exportés pour les consommateurs italiens », explique Joël Canicas, président de l’association Equitaine.

« Les nouveaux clients sont d’anciens consommateurs qui reviennent à la viande de cheval, ou des nouveaux qui essaient car ils sont à la recherche d’une viande saine, après la crise de la vache folle », analyse Jack Bouchonnier, seul boucher spécialisé au Marché des Capucins de Bordeaux, qui a constaté lui aussi la forte progression de la demande au cours de ces derniers mois.

Source : AP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Office national interprofessionnel des viandes de l’élevage et de l’aviculture (OFIVAL)

http://www.ofival.fr/

Société d’études de la consommation, distribution et publicité (SECODIP)

http://www.secodip.fr/

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