France : hausse de 14% du revenu des éleveurs bovins en 2000

Paris (France), 13 juin 2001 – Les éleveurs bovins ont connu une augmentation de revenu d’environ 14% en 2000, la hausse des prix de la viande en début d’année et les aides publiques ayant compensé les effets de la crise de la vache folle, selon les comptes provisoires de l’agriculture rendus publics mercredi.

« Les résultats du compte provisoire confirment globalement ceux du compte prévisionnel établi en décembre dernier », notamment la chute des revenus des exploitations spécialisées en grande culture et en viticulture, note la commission dans un communiqué.

Les éleveurs bovins se sont finalement retrouvés parmi les plus avantagés, le revenu agricole moyen ne s’étant accru que de 0,3% en moyenne.

La crise conjoncturelle étant survenue à la mi-octobre, « après dix mois de conjoncture favorable », note la Commission des comptes de l’agriculture, « l’acquis du début de l’année et la forte revalorisation des aides directes liées à l’agenda 2000 ont permis une augmentation sensible » du résultat net par actif des éleveurs bovins.

Le montant de la hausse de revenu s’est avéré nettement moindre chez les éleveurs laitiers, également touchés par la crise, leur résultat net par actif n’ayant progressé que de 5%.

Selon la commission des comptes, la crise de confiance liée à l’encéphalopathie spongiforme bovine a bénéficié aux éleveurs hors sol, en poussant les consommateurs à se reporter vers les viandes blanches. Leur revenu s’est accru de 29% en 2000, selon les comptes de l’agriculture, « mais ne retrouve pas son niveau de 1997 ».

Le revenu agricole des éleveurs ovins a également progressé de 3% sous l’effet d’un report de consommation similaire.

Les comptes provisoires de l’agriculture pointent par contre un recul de 9% du revenu des producteurs spécialisés dans les grandes cultures. Le résultat moyen des exploitations productrices de céréales, d’oléagineux et de protéagineux a ainsi chuté de 13%.

Les viticulteurs ont aussi été pénalisés par une baisse de revenu de 8% en appellation et de 7% en viticulture courante, à la suite d’une légère diminution des récoltes et des baisses de prix.

Dans un communiqué envoyé mercredi après-midi, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles a contesté ces chiffres, dénonçant « une hausse illusoire du revenu des éleveurs » bovins.

« Alors que l’élevage français n’est pas sorti de la crise sévère qu’il traverse depuis octobre 2000, la FNSEA considère que ce résultat est en total décalage avec la situation financière des éleveurs ». Le syndicat a expliqué notamment que « ce chiffre fait fi des pertes en capital accusées par les éleveurs, de la faiblesse et de la stagnation de leur revenu, au cours des dernières années ».

Source : AP

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