La distribution des produits québécois est distincte

Michel R. Saint-Pierre

Michel R. Saint-Pierre.

Le Québec est distinct en matière de distribution alimentaire, rappelle l’ancien sous-ministre du MAPAQ Michel R. Saint-Pierre lors d’un débat organisé par l’Association des communicateurs et rédacteurs de l’agroalimentaire (ACRA) à l’occasion de son congrès annuel le vendredi 13 septembre.

C’est la province canadienne où l’on retrouve la plus grande concentration avec trois grandes chaînes d’alimentation qui s’accaparent la grande part du gâteau. Le Québec est aussi la province où l’on retrouve la plus grande concentration de petites entreprises de transformation alimentaire.

« Loblaws vient de comprendre que les magasins corporatifs ne sont pas populaires au Québec », explique le président-directeur général de l’Association des détaillants en alimentation du Québec, Florent Gravel. Les Québécois préfèrent les détaillants propriétaires. Ce sont aussi eux qui sont les meilleures portes d’entrée pour les produits québécois. Les chaînes d’alimentation permettent un 10% d’infidélité à leur service de distribution, ce qui permet au marchant détaillant d’acheter directement des producteurs.

Natur’Bœuf est un bel exemple. Ce bœuf distinctif du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie est né d’une entente entre producteurs locaux et Metro GP. Lors de l’achat des magasins par la chaîne Metro, la marque de commerce qui appartenait à Metro GP, puis à Metro, n’a pas survécu longtemps. Un groupe de producteurs qui souhaite développer une collaboration semblable devrait songer détenir la marque de commerce.

Solutions

Normand Bourgault suggère aux producteurs d’aller vers les nouveaux marchés, comme les marchés fermiers ou les marchés internet. Le cyberespace n’est toutefois pas synonyme de rentabilité. Le professeur d’université a aussi signifié qui est dangereux de stimuler la production avant la consommation.

L’arrivée des nouveaux joueurs comme Target est vue d’un bon œil de la part des trois intervenants. Ça offre plus de portes d’entrées aux produits québécois, mais les consommateurs resteront fidèles à leur supermarché.

Normand Legault a trouvé une faille dans les appellations réservées. Le terme d’artisan en agroalimentaire devrait être défini de la même façon qu’il l’a été pour les artistes. « Un artisan, c’est quelqu’un qui participe à la production et qui vend un produit », dit-il. Le terme microbrasserie devrait aussi être réservé. Sleeman n’est pas un exemple de microbrasserie ou de produit artisan.

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à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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