L’Afssa veut interdire les farines de viande comme engrais

12 avril 2001 – En l’absence de données scientifiques suffisantes sur les risques de transmission de la maladie de la vache folle par les animaux non ruminants, l’AFSSA recommande de ne pas lever l’interdiction de toutes les farines de viande dans l’alimentation animales décidée le 14 novembre dernier par le gouvernement. Dans un nouveau rapport qui lui a été demandée par les ministres de l’Agriculture, de la Santé et de la consommation, rendu public aujourd’hui, l’AFSSA balaie à nouveau toutes les hypothèses de risques et toutes les ignorances qui entourent l’encéphalopathie spongiforme bovine, son caractère transmissible et les voies de transmission.

Malgré « les verrous mis en place depuis dix ans afin d’exclure la possibilité de contaminations croisées, l’AFSSA estime que toutes les garanties ne peuvent être apportées d’une sécurisation suffisante des différentes étapes depuis le recueil des matières premières jusqu’à l’usage en élevage ». Martin Hirsch, directeur général de l’Afssa insiste, affirmant que « les farines de ruminants ne sont pas complètement sécurisées malgré les améliorations successives ». Outre les farines, qui requièrent une surveillance renforcée, les graisses animales posent encore question et pourraient elles-aussi avoir leur part de responsabilité dans la contamination de l’alimentation. De même, il serait bon de demeurer extrêmement vigilant à l’égard des gélatines issues des os du bétail, car elles pourraient provenir de la colonne vertébrale des animaux interdite en France mais pas encore dans tous les états membres de l’Union européenne. Les suifs recueillis à partir des graisses recueillies après la fente de la colonne vertébrale pourraient aussi être contaminés par des débris de moelle épinière ou des esquilles de colonnes vertébrales.

Dernier point, l’Afssa considère que l’utilisation des farines comme matières fertilisantes de la terre n’est pas dénuée de risque. « Les constats faits par les services ministériels justifient un renforcement des garanties exigées pour la fabrication et l’utilisation des matières fertilisantes et des supports de culture ». La règle la plus appropriée, poursuit l’agence « serait de suspendre l’usage de toutes matières provenant de la filière ruminants dans la fabrication de fertilisants ou dans l’épandage » sur les sols. Un arrêté interdisant d’utiliser les matières à risques issues des ruminants et imposant un traitement thermique inactivant pour d’autres déchets issus des ruminants entrant dans la fabrication des matières fertilisantes sera bientôt publié. Signé par le ministère de l’Agriculture, il doit encore être paraphé par les services des Douanes et celui des Fraudes.

Source : Les Échos

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