Les fermiers de l’Ouest expliquent à Stéphane Dion qu’ils en ont assez

Regina (Saskatchewan), 6 mars 2001 – Des agriculteurs en colère et des indépendantistes de l’ouest du pays ont passé un savon au ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Stéphane Dion, mardi, lui expliquant qu’ils se sentent injustement traités par le gouvernement fédéral.

Je risque de perdre la terre que ma famille cultive depuis près de 100 ans à cause des politiques de libre-échange que vous et votre gouvernement avez imposées, a reproché Gerald Benneke au ministre. M. Benneke, qui exploite une ferme de céréales et de bestiaux en Saskatchewan, a été applaudi par la centaine d’étudiants et de fermiers présents.

« Pendant les 134 dernières années, l’Ouest canadien a été relégué au statut de tailleur de bois et de porteur d’eau; pour les 1000 prochaines années, nous ne le tolérerons plus », a-t-il averti, avant de retourner à son siège.

M. Dion participait à un forum de l’Institut des politiques publiques de Saskatchewan, dans le cadre des efforts du gouvernement libéral fédéral pour courtiser les Canadiens mécontents de l’ouest du pays.

La salle était remplie de membres de groupes d’agriculteurs et d’autres portant des casquettes ornées du symbole du Western Independant Nation, un groupe qui entrevoit les provinces de l’Ouest unies en un Etat indépendant.

La visite de M. Dion fait suite à celle du ministre des Finances, Paul Martin, en Alberta et en Colombie-Britannique. Le ministre de l’Industrie, Brian Tobin, doit également se rendre dans les provinces de l’Ouest plus tard cette semaine.

S’efforçant de convaincre son auditoire que le gouvernement fédéral est sensible aux préoccupations des Canadiens de l’Ouest, M. Dion a dit avoir « beaucoup appris, particulièrement au sujet de la crise agricole et des difficultés auxquelles les gens font face ».

Aux dernières élections fédérales, les libéraux n’ont fait élire que 14 députés dans l’Ouest, sur un total de 88 sièges possibles pour cette région du pays. A peine deux de ces députés proviennent de Saskatchewan – reflet de la colère que ressentent les fermiers à l’endroit d’Ottawa à cause de la crise du secteur agricole.

La province et la région sont dominées par l’Alliance canadienne, ce qui étonne M. Dion, qui dit douter que ce parti, voué à la réduction des dépenses fédérales, investisse davantage dans l’agriculture et le transport que l’actuel gouvernement.

M. Dion a soutenu que plusieurs des problèmes qui alimentent le mécontentement dans l’Ouest affligent également le reste du Canada.

Et il a minimisé la menace de sécession de l’ouest canadien. « La menace séparatiste n’est pas un enjeu pour nous. Nous ne croyons pas que ce soit une bonne façon d’avoir un dialogue positif entre Canadiens », a-t-il dit.

Source : Presse Canadienne

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