Les hauts et les bas des prix élevés du boeuf

Après avoir atteint des sommets, le prix de la viande de bœuf continue de demeurer élevé, un fait qui ne sera pas sans conséquence pour les consommateurs et le marché en général.

Selon les analystes, il est clair que la consommation de bœuf diminuera cette année. La firme CattleFax avance le chiffre d’une baisse de 4,5% par personne aux États-Unis, une réaction directe à la baisse du cheptel en sol américain à la suite de la sécheresse qui a sévi dans plusieurs états. L’effet de rareté créé par la diminution de l’offre aura à son tour comme conséquence de faire grimper les prix. Une hausse de 7% de la viande au détail est anticipée pour cette année.

La tendance n’est pas nouvelle. La consommation tend à diminuer depuis de nombreuses années mais la variation sera plus forte en 2014 en raison des prix élevés.

La bonne nouvelle est que les pays asiatiques importent de plus en plus. Selon Beef Watch, les ventes du Canada vers Macao et Hong Kong ont bondi en 2013 de 31% en volume et 95% en valeur pour représenter 28 000 tonnes à 178 M$. Les ventes ont aussi augmenté vers le Japon l’année dernière pour représenter 70 M$ et vers la Chine, 25 M$. Dans ce dernier pays, les importations de bœuf ne représentaient que 5,4 M$ en 2012.

La hausse du niveau de vie dans les pays émergents devrait soutenir la demande pour la viande rouge dans les prochaines années.

Le Wall Street Journal avertit pour sa part que les prix élevés du bœuf pourraient signaler le retour du « pink slime » aux États-Unis. Depuis 2001, le USDA a permis la vente pour la consommation humaine de cet additif alimentaire à base de bœuf qui est parfois ajoutée à de la viande hachée ou à des viandes transformées comme agent de remplissage. L’additif provient des morceaux restants lors du dépeçage de la viande. Ces derniers sont finement déchiquetés et retirés mécaniquement dans une centrifugeuse chauffée afin d’en produire une pâte. Cette dernière est traitée à l’ammoniac ou à l’acide citrique pour éliminer les bactéries, puis est finement broyée, pressée en blocs et surgelée pour son utilisation industrielle.

Les ventes de ce produit ont chuté en 2012 à la suite de critiques mais selon le Wall Street Journal, les ventes ont repris avec la hausse des prix du bœuf. Cargill dit en maintenir davantage qu’il y a deux ans, mais en plus petites portions. L’autre producteur, Beef Products, vendrait deux fois plus de ce produit qu’il y a deux ans.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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