OMC : l’industrie agroalimentaire du Québec se mobilise

Montréal (Québec), 27 juillet 2003 – Une coalition, formée d’intervenants des secteurs sous gestion de l’offre de l’industrieagroalimentaire québécoise (lait, poulet, dindon, oeufs de consommation et oeufs d’incubation), vient d’entamer une démarche énergique pour appuyer les représentants du gouvernement fédéral dans leurs négociations à l’Organisationmondiale du commerce (OMC).

Ces négociations seront cruciales pour l’avenir de l’agroalimentaire aupays. Elles doivent se terminer le 1er janvier 2005 et toutes les rencontresministérielles d’ici là, y compris les rencontres de Montréal du 28 au 30juillet et de Cancun au Mexique du 10 au 14 septembre, seront déterminantes.Certaines des propositions sur la table des négociateurs pourraient mettre endanger la survie de la gestion de l’offre.

Les représentants des cinq productions sous gestion de l’offre au Québecet l’UPA, ont donc profité de la tenue à Montréal, d’une mini conférenceministérielle de l’OMC, pour lancer officiellement

GO5, la coalition pour un modèle agricole équitable : la Gestion de l’Offre
L’objectif de cette coalition est de regrouper les intervenants,provenant de toutes les régions du Québec et de plusieurs secteurs del’économie québécoise, en amont et en aval de la production agricole, qui sontpréoccupés de l’avenir de l’agriculture au pays. Au cours de cette rencontrede presse, le porte-parole pour le lancement du GO5, monsieur LaurentPellerin, président de l’Union des Producteurs Agricoles (UPA), a fait valoirque « cette coalition est une démonstration de soutien sans équivoque auxnégociateurs du Canada à l’heure où les subventions allouées au secteuragricole chez certains des partenaires commerciaux du Canada créent unesituation de concurrence déloyale pour les producteurs d’ici. »

« Il est dans l’intérêt de tous les citoyens d’ici que le secteuragroalimentaire québécois demeure fort et dynamique car en bout du compte »,d’expliquer le porte-parole de la coalition, « c’est toute la population qui enprofite ». En effet, l’agriculture québécoise et canadienne assurent, saisonaprès saison, un approvisionnement stable en produits de qualité à des prixcompétitifs. Un tel résultat est rendu possible notamment par la gestion del’offre, un modèle agricole responsable de plus de 40 % de la productionagricole québécoise.

La gestion de l’offre; une solution profitable pour tous
Les productions sous gestion de l’offre vivent du prix reçu sur lemarché, sans subventions, mais elles ont besoin de protection aux frontièrespour contrer les subventions versées aux agriculteurs des autres pays. Al’issue des négociations en cours, le Canada se doit de conserver le pouvoird’opérer des systèmes de gestion de l’offre efficace, surtout qu’il se déclareincapable d’offrir à son agriculture un soutien financier aussi important queses grands partenaires commerciaux que sont les Etats-Unis et l’Europe.

A cet égard, M. Pellerin a insisté sur le fait que, si la voix du Canadan’était pas entendue lors des négociations, cela pourrait avoir un impactimportant sur l’approvisionnement du marché alimentaire canadien. « Il seraitmalheureux, pour le consommateur, qu’en raison de décisions prises à la suitede ces négociations, la production agricole canadienne soit remplacée par desimportations qui ne répondent pas nécessairement aux mêmes standards que lesproduits d’ici alors que ces derniers sont reconnus à travers le monde pourleur qualité », a-t-il précisé. Des milliers d’emplois, répartis dans toutesles régions de la province, pourraient disparaître.

Quelques statistiques sur l’industrie
Rappelons qu’au Québec, les 43 700 agriculteurs et agricultricesinvestissent annuellement près de 700 millions de dollars sur leursentreprises. Chaque année, le secteur agricole québécois dépense au delà de3 milliards de dollars pour assurer le fonctionnement des fermes. C’est autantd’argent qui fait tourner la roue de l’économie et qui assure la prospérité duQuébec dans la plupart des régions. L’agriculture d’ici sert de pierred’assise au secteur agroalimentaire québécois qui fournit de l’emploi à plusde 420 000 travailleurs et travailleuses.

Ensemble, les secteurs sous gestion de l’offre (lait, poulet, dindon,oeufs d’incubation et oeufs de consommation) représentent près de 2 milliardsde dollars de recettes monétaires à la ferme selon les plus récentesstatistiques, soit environ 39 % des recettes agricoles totales du Québec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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