Plus de 30 000 tonnes de pesticides toxiques en Amérique latine

Rome (Italie), 30 mai 2005 – Les quantités de pesticides toxiques inutilisés ou obsolètes en Amérique latine sont plus importantes que ne l’indiquaient les estimations précédentes de la FAO.

Basées sur les chiffres fournis par les pays, ces estimations faisaient état de quelque 10 000 tonnes, indique Mark Davis, coordonnateur du Programme des pesticides obsolètes à la FAO. « Mais des chiffres inquiétants commencent à émerger ; selon les estimations les plus récentes, les stocks de pesticides inutilisés ou obsolètes seraient compris entre 30 000 et 50 000 tonnes », a-t-il précisé.

Poursuite des recherches
Dans le nord de la Colombie, environ 200 tonnes de pesticides extrêmement toxiques ont été découvertes sur un seul site à El Copey, dans la région de César. Quelque 170 000 litres de méthyl parathion et 10 000 litres de toxaphène (polluant organique persistant) ont été également découverts. La FAO a aidé le gouvernement à contrôler le site qui a été débarrassé de ces produits chimiques nocifs.

En outre, les autorités colombiennes ont découvert, sur un autre site de construction de logements pour familles déplacées, environ 5 000 tonnes de pesticides qui avaient été enterrées.

Au Paraguay, de gros efforts sont déployés en urgence à Asunción, la capitale, pour enlever 125 tonnes de pesticides et de matériel hautement contaminé qui avaient été endommagés par un incendie en juillet 2003. Lors de la lutte contre le feu, le fleuve Paraguay, qui traverse ensuite l’Argentine, avait été fortement contaminé ainsi qu’un village situé le long de ce fleuve et dont les habitants se plaignent de symptômes d’intoxication chronique.

La FAO aide le Paraguay à quantifier ses stocks de pesticides obsolètes à travers le pays. A cet égard, des investissements de l’ordre de 3 millions de dollars seront nécessaires pour retirer et détruire ces stocks avant qu’ils ne provoquent des problèmes aux populations et à l’environnement.

En Bolivie, de vieux stocks de pesticides à base d’arsenic – il s’agissait de dons – et des cocktails de fumigènes volatils ont été découverts dans des zones résidentielles et à proximité de grands bassins d’eau, notamment le lac Titicaca.

La Bolivie, un des pays les plus pauvres de la région, a déployé des efforts, avec l’aide de la FAO, pour restocker ces produits dans de bonnes conditions et dans des lieux sûrs. Mais ce pays a encore besoin de 3 millions de dollars pour mener à bien l’opération et renforcer les mesures de surveillance et de contrôle.

Formation
La FAO a organisé un programme de formation régional englobant neuf pays d’Amérique latine. Les administrations ad hoc, les services d’urgence, les représentants de l’industrie et les ONG ont appris à dresser un inventaire complet et sûr en matière de pesticides et à effectuer une bonne évaluation des risques que font peser les pesticides obsolètes aussi bien sur la santé humaine que sur l’environnement. Ils ont également appris à planifier et à superviser une campagne de nettoyage.

Le Programme des pesticides obsolètes de la FAO n’a plus de fonds pour aider l’Amérique latine, indique M. Davis. Aussi, l’Organisation lance-t-elle un appel aux bailleurs de fonds afin de financer des opérations de formation qui permettraient à la région de s’aligner sur les meilleurs standards internationaux en la matière.

Les pesticides obsolètes sont, en général, des pesticides abandonnés lors des campagnes de lutte contre les ennemis des plantes, notamment ceux qui attaquent le coton et autres cultures de rente. L’accumulation de stocks de pesticides dangereux est due au fait que certains produits, interdits d’utilisation pour des raisons de santé publique et environnementales, ne furent jamais retirés ou détruits. Les stocks périmés contaminent souvent l’environnement et posent des problèmes de santé.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
http://www.fao.org

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