Sondage sur les OGM : les consommateurs réclament plus d’information

Québec, le 5 mai 2000 – Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, monsieur Rémy Trudel, à titre de président de la Filière agroalimentaire du Québec, a rendu publics aujourd’hui les résultats du premier sondage québécois réalisé par Léger & Léger portant sur les organismes génétiquement modifiés (OGM).







Pour obtenir des renseignements, les consommatrices et les consommateurs se tournent vers deux sources d’information, soit la communauté scientifique et les représentants gouvernementaux.


Les résultats démontrent, entre autres, qu’une majorité de Québécoises et Québécois demeurent confiants quant à la sécurité des produits consommés chez nous. Cependant, un étiquetage détaillé et contrôlé par réglementation, faisant état de l’utilisation d’OGM dans la fabrication d’un produit fini, répondrait aux exigences des consommatrices et consommateurs.

À ce chapitre, le ministre Trudel a tenu à rappeler la position des membres de la filière agroalimentaire qui, le 27 janvier dernier, faisaient part de leur volonté de définir des paramètres encadrant l’étiquetage des produits contenant des OGM.

Le sondage révèle également que plus des deux tiers (67,7 %) de la population se sentent mal informés sur les OGM et que les trois quarts (75 %) voudraient obtenir plus d’information sur les risques associés à l’utilisation des OGM dans les produits de consommation. Pour obtenir des renseignements, les consommatrices et les consommateurs se tournent vers deux sources d’information, soit la communauté scientifique et les représentants gouvernementaux.

« Ce constat correspond également à une des orientations de la Filière, à l’effet que soit développée une stratégie de diffusion de l’information adéquate pour la population », a tenu à préciser monsieur Trudel.

La réaction des consommatrices et consommateurs face à l’utilisation des OGM demeure plutôt nuancée. Par ailleurs, lorsqu’il s’agit de l’utilisation d’OGM à des fins médicales, pour la protection de l’environnement ou encore, à des fins industrielles, l’accueil est plutôt favorable.

Mentionnons que le sondage a été préparé afin de connaître la perception de la population à l’égard des OGM, qu’il a été commandé par la Filière agroalimentaire du Québec et que plus de 1000 Québécoises et Québécois de 18 ans et plus, s’exprimant en français ou en anglais, y ont répondu.

La Filière agroalimentaire du Québec, présidée par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, monsieur Rémy Trudel, est composée de représentants de l’Union des producteurs agricoles (UPA), de la Coopérative fédérée de Québec (CFQ), de l’Association des manufacturiers de produits alimentaires du Québec (AMPAQ), de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA), du Conseil canadien de la distribution alimentaire (CCDA) et des Tables de concertation agroalimentaires régionales.

Voici les faits saillants du sondage

Degré de préoccupation et de connaissance à l’égard des OGM

Plus des trois quarts de la population (75,7%), surtout des femmes, des professionnels et personnes âgées entre 45 et 54 ans, se disent concernés par la façon dont les aliments qu’ils consomment sont produits. Dans une proportion plus faible mais quand même importante, on constate que 65,2% des répondants sont préoccupés par les aliments modifiés génétiquement.

Cette préoccupation naît-elle d’un manque d’information? En fait, plus des deux tiers de la population s’avouent mal informés sur les OGM, et près des trois quarts des Québécois voudraient connaître les risques associés à l’utilisation des OGM dans les produits de consommation. Pour en savoir plus, leur préférence se tourne vers de l’information issue de la communauté scientifique, suivie par celle provenant des représentants gouvernementaux.

Mentionnons également que de manière générale, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à lire les étiquettes des produits alimentaires, à désirer recevoir davantage d’information sur les OGM et à douter de la sécurité des produits consommés au Québec.

Leur perception des contrôles et de la sécurité

S’ils sont concernés en général par ce qu’ils consomment et, en particulier, par l’utilisation des OGM, une majorité de Québécois (72,5%) demeurent tout de même confiants quant à la sécurité des produits consommés au Québec. Un étiquetage détaillé et contrôlé par réglementation, faisant état de l’utilisation d’OGM dans la fabrication d’un produit fini satisferait, en bonne partie, leurs exigences. Ainsi, 96,0% souhaitent une législation exigeant de préciser l’utilisation d’OGM lors de l’étiquetage de produits modifiés génétiquement et 87,3% apprécieraient une réglementation qui exigerait d’indiquer l’origine des additifs alimentaires qui sont non modifiés. Toutefois, seulement 6 personnes sur 10 (60,4%) affirment prendre le temps de lire les étiquettes des produits de façon courante.

Par ailleurs, les Québécois demeurent divisés entre la réputation du fabriquant (48,5%) et la certification biologique (49,8%) quant au critère le plus important lors de l’évaluation de la qualité et de la sécurité d’un aliment.

Prix, valeur ajoutée et freins à la consommation

La majorité des Québécois sont en faveur de l’utilisation des OGM à des fins médicales (78,1%) ou industrielles (75,2%).

Les Québécois seraient-ils susceptibles d’acheter un produit modifié génétiquement? Tout dépend de la valeur ajoutée au produit par la modification. Dans l’ordre, 68,5% achèteraient le produit s’il était fabriqué de façon écologique, 59,1% s’il offrait une meilleure valeur nutritive, 46% si son prix était moins élevé, 36,9% s’il se conservait plus longtemps et 30,4% si l’apparence du produit était améliorée.

En ce qui concerne le prix, il semble que la perception de la valeur ajoutée des produits modifiés génétiquement divise les Québécois. En fait, la moitié des répondants (50,4%) n’accepteraient pas de payer plus cher pour un produit modifié génétiquement, alors que tout près de la seconde moitié (45,9%) payeraient ce surplus. Toutefois, seulement 14,5% accepteraient de payer un différentiel qui excéderait 5%.

Finalement, soulignons qu’un plus grand nombre de répondants sont prêts à payer plus cher pour un produit biologique (64,5%) que pour un produit modifié génétiquement qui offrirait une valeur ajoutée (45,9%).

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Club Export Agro-Alimentaire du Québec

http://www.clubexport.ca/

Conseil canadien de la distribution alimentaire (CCDA)

http://www.ccgd.ca/

Coopérative Fédérée de Québec

http://www.coopfed.qc.ca/

Léger & Léger Recherche et Stratégie Marketing Inc.

http://www.leger-leger.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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