Valeur des terres: hausse de 8,2%

La valeur moyenne des terres agricoles au Québec a augmenté de 8,2% en 2017. Une moyenne légèrement plus importante que celle enregistrée en 2016 qui s’élevait à 7,7%. Cette hausse est comparable à la moyenne canadienne.

Pour la troisième année consécutive, la valeur moyenne des terres agricoles au Québec s’est accrue de moins de 10%. En 2015, la valeur avait augmenté de 9,6%, en 2016 de 7,7% et en 2017 de 8,2%. Bien qu’on soit encore dans une tendance haussière, on est loin des valeurs moyennes enregistrées il y a quelques années. On se souviendra de l’année 2012 où la valeur moyenne des terres avait atteint 27,4%. En Ontario, on enregistrait une hausse de 30,1% la même année. Les années suivantes aussi avaient été marquantes avec des augmentations de la valeur moyenne au Québec de 24,7% en 2013 et de 15,7% en 2014.

Pour 2017, ce sont les régions de Mauricie-Porneuf (18,8%), de l’Abitibi-Témiscaminge (14,5%) et du Bas-Saint-Laurent Gaspésie (14,4%) qui ont connu les plus fortes augmentations. “Il y a un phénomène de rareté et de disponibilité des terres qui crée de l’inflation”, confirme Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef à Financement agricole Canada en conférence téléphonique.

Il faut dire qu’il y a des écarts importants de valeur des terres entre les différentes régions. Alors qu’un acre se vend en moyenne 15 098$ en Montérégie et 12 990$ dans les Laurentides-Lanaudière, il se chiffre plutôt à 1275$ en Abitibi et à 2335$ au Bas-Saint-Laurent. Ces terres moins coûteuses attirent de plus en plus les producteurs en quête d’expansion. “On peut parler d’acheteurs impliqués dans des opérations dans le sud du Québec qui vont considérer des terres dans d’autres régions. Elles sont moins productives, mais moins dispendieuses”, explique le spécialiste. Les achats de terre proviennent de secteurs diversifiés autant des grandes cultures, des productions sous gestion de l’offre que d’autres productions animales.

En Montérégie et dans les Laurentides-Lanaudière justement, là où les terres se vendent le plus cher au Québec, la valeur moyenne des terres est demeurée en dessous de la moyenne provinciale. On a enregistré une augmentation de 3,7% pour la Montérégie et de 3,1% pour la région Laurentides-Lanaudière 3,1%.

Ce qui est intéressant aussi pour 2017, c’est que les hausses ont eu lieu en majorité dans la première moitié de l’année, avant que les taux d’intérêt n’augmentent. Par ailleurs, Jean-Philippe Gervais prévoit une autre augmentation des taux d’ici la fin de l’année, ce qui aura pour effet de ralentir le marché des terres en 2018.

Si on regarde ailleurs au Canada, la valeur des terres s’est également appréciée, et ce, dans toutes les provinces. La valeur moyenne nationale a progressé de 8,4% en 2017. C’est la Saskatchewan qui a connu la plus forte augmentation, soit de 10,2%, suivie de la Nouvelle-Écosse (9,5%) et de l’Ontario (9,4%). Le Québec arrive en quatrième place.

Dans un marché haussier, la vigilance est de mise a tenu à ajouter l’économiste. “Il faut faire preuve de plus de prudence pour s’assurer d’avoir des revenus qui couvrent les coûts de production, a-t-il rappelé. Dans certaines régions, le taux de croissance de la valeur des terres a dépassé celui des revenus agricoles au cours des dernières années.” Avec des taux d’intérêt plus élevés, des coûts d’emprunt plus grands, il est opportun d’évaluer la situation financière globale de l’entreprise. “Il serait également bon que les producteurs aient en place un plan de gestion du risque qui protège leur entreprise en cas de circonstances et d’évènements imprévus.”

à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

Articles récents de Marie-Claude Poulin

Commentaires