Washington émet des doutes sur le succès de la conférence de l’OMC à Doha

Washington (États-Unis), 30 octobre 2001 – Le représentant américain pour le Commerce, Robert Zoellick, a émis des doutes sur le succès de la prochaine réunion ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Doha (Qatar) pour lancer un nouveau cycle de libéralisation des échanges.

« Je ne sais pas si nous réussirons ou non », a-t-il lancé dans un discours devant le « Council on Foreign Relations » à Washington. « Si d’autres pays refusent de coopérer et de faire des compromis, nous ne pouvons pas les contraindre », a ajouté M. Zoellick.

Il a particulièrement déploré le refus du Japon, la deuxième économie mondiale, confrontée à de sérieuses difficultés, de discuter des compromis possibles proposés par les États-Unis qui lui permettraient d’accepter l’idée d’une libéralisation accrue du commerce agricole, un dossier clé à Doha.

« Je suis franchement très déçu non seulement du manque de leadership (du Japon) mais aussi d’un manque de participation respectable » de ce pays aux négociations préparatoires de la conférence ministérielle de l’OMC devant se dérouler du 9 au 13 novembre à Doha, a-t-il affirmé.

« Nous avons proposé de discuter avec Tokyo les lois anti-dumping et le système des droits compensatoires américains très critiqués par les Japonais, de manière à trouver un compromis sur une libéralisation du commerce agricole », a précisé M. Zoellick. « Mais ils ont refusé », a-t-il déploré, accusant Tokyo « d’étroitesse d’esprit » pour un pays dont l’économie a pleinement bénéficié de la liberté des échanges.

« D’autres pays se comportent de la même manière mais je ne citerai pas de noms », a ajouté le responsable américain.

Il a relevé que les Etats-Unis et l’Union européenne, « bien qu’ayant des priorités différentes », avaient « un intérêt stratégique commun pour renforcer la santé de l’économie mondiale, du système de commerce international et encourager la vitalité économique des pays en développement ».

M. Zoellick a exprimé l’espoir qu’Européens et Américains « pourront montrer leur capacité (…) à travailler ensemble pour réduire leurs différences et faire avancer des intérêts mondiaux importants ».

Mais les deux grandes puissances commerciales mondiales restent opposées sur le dossier agricole, qui avait déjà été la principale cause de l’échec de la précédente conférence ministérielle de l’OMC à Seattle en décembre 1999.

Les Etats-Unis veulent obtenir un accès pour leurs produits agricoles par le biais d’une réduction significative des barrières tarifaires et non tarifaires ainsi que des mécanismes de soutien nationaux.

L’UE s’oppose à tout engagement de principe avant même le commencement des négociations, et joue la carte de la protection de l’environnement pour protéger ses intérêts dans l’agriculture.

« Je pense que nous pouvons faire beaucoup plus pour améliorer l’intégration de l’environnement dans l’OMC mais nous devons aussi éviter que ce dossier ne devienne un obstacle à la libéralisation du commerce agricole », a mis en garde M. Zoellick.

Si l’OMC échoue à Doha, les Etats-Unis continueront leurs efforts de libéralisation des échanges au niveau régional et bilatéral. Il a cité les négociations déjà engagées dans le cadre du projet de zone de libre-échange des Amériques, avec le Chili et Singapour.

Robert Zoellick a précisé qu’il s’efforçait de réduire au maximum la taille de la délégation américaine à Doha en raison des problèmes de sécurité.

« Nous travaillons étroitement avec nos autorités et leurs responsables à l’étranger pour garantir une totale sécurité à Doha mais il y a sans aucun doute des risques », a-t-il dit.

Source : AFP

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