Combien d’herbe vos pâturages produisent-ils ?

La mesure de l'herbomètre tient compte de la hauteur et de la densité de l'herbe. PHOTO: AGRICULTURAL SUPPLY SERVICES

La mesure de l’herbomètre tient compte de la hauteur et de la densité de l’herbe. PHOTO: AGRICULTURAL SUPPLY SERVICES

Depuis trois ans, l’agronome François Labelle, expert en production laitière biologique chez Valacta, calibre et évalue l’utilité de l’herbomètre, un appareil qui mesure la quantité d’herbe dans les pâturages. « Ce qui est bien de l’herbomètre, c’est que ça ne mesure pas seulement la hauteur, mais aussi la densité », explique-t-il.

Selon lui, il peut être trompeur de se fier uniquement à la hauteur pour évaluer la quantité d’herbe disponible pour les animaux. Souvent, on pense avoir suffisamment d’herbe pour la durée de paissance choisie, mais il faut retirer les animaux plus tôt que prévu parce que la densité n’y était pas.

L’herbomètre est un appareil portatif doté d’un plateau rond fixé à la base d’un bâton (ou tige). On appuie l’appareil sur l’herbe à différents endroits dans le pâturage. Le plateau écrase l’herbe. La hauteur de l’herbe écrasée est transmise à un capteur électronique installé sur le bâton. Une formule mathématique insérée dans le capteur convertit ce chiffre en rendement fourrager.

L’utilisateur fait plusieurs lectures dans un même champ. Le capteur électronique compile toutes ces lectures et fait une moyenne pour le champ. L’inconvénient de l’herbomètre, c’est qu’il a été calibré en Nouvelle-Zélande, puisque c’est là-bas qu’il a vu le jour. C’est pourquoi François Labelle travaille depuis trois ans au calibrage de l’appareil dans les conditions québécoises.

«L’utilisation de l’herbomètre permet de savoir pour combien de temps je pourrais nourrir mes animaux aux pâturages. C’est particulièrement important au printemps alors que l’herbe pousse vite. Une partie des pâturages est alors fauchée. Il ne faut pas que j’en fauche trop, sinon je vais manquer de pâturage, explique François Labelle. Mais si j’en laisse trop, l’herbe sera trop mature.»

L’autre utilité de l’herbomètre est d’évaluer l’ingestion des vaches. C’est simple de calculer la ration des animaux nourris à l’étable, mais au pâturage, on évalue si l’animal a bien mangé par la production de lait ou de viande. Autrement dit, nous n’avons pas de données concrètes de la consommation des animaux au pâturage.

L’utilisation d’un outil comme l’herbomètre avant l’entrée des animaux et après leur sortie permet de connaître la quantité de fourrages ingérée. «Du moment qu’on est capable de chiffrer, on est capable de mieux gérer», explique François Labelle.

Le calibrage de l’herbomètre sur trois ans, de 2012 à 2014, a permis de vérifier certains aspects techniques de l’utilisation de l’appareil. « Par exemple, c’est assez long d’utiliser l’herbomètre, dit François Labelle. On le savait déjà, mais pour la gestion des pâturages, ça peut être intéressant. » Ce sont les producteurs au final qui décideront si le temps en vaut la chandelle. Un herbomètre avec compteur électronique coûte environ 750 $.

Les principaux avantages des lecteurs infrarouges de mesure de l'herbe sont la quantité énorme de lectures et la possibilité d'en tirer des cartes de rendement à l'intérieur d'un pâturage. L'inconvénient est le calibrage. PHOTO: ALAIN FOURNIER

Les principaux avantages des lecteurs infrarouges de mesure de l’herbe sont la quantité énorme de lectures et la possibilité d’en tirer des cartes de rendement à l’intérieur d’un pâturage. L’inconvénient est le calibrage. PHOTO: ALAIN FOURNIER

D’autres outils permettent d’évaluer la quantité d’herbe. Ils s’installent sur le véhicule tout-terrain et prennent un grand nombre de lectures dans le proche infrarouge dans chaque parcelle. L’appareil est lié à un GPS et les données sont transférées dans un logiciel. Encore une fois, ce type d’appareil provient de la Nouvelle-Zélande.

Si Valacta a préféré l’herbomètre, c’est que l’utilisation est davantage reconnue à travers le monde pour mesurer la quantité d’herbe produite. « Il reste à calibrer l’appareil infrarouge, explique François Labelle. Le projet de l’herbomètre servira de référence. »

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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