Ligne de temps

Comment se portent les grains de spécialités?

Les grains qu’on dit spécialisés ou de créneau intéressent une proportion grandissante de producteurs, alléchés par une prime sur le prix qui vient compenser des exigences techniques souvent plus élevées. Le Bulletin a pris le pouls de ce marché auprès de ceux qui achètent ces grains.

 

 

Orge de brasserie : de la place pour la qualité

Les superficies d’orge de brasserie s’accroissent depuis quelques années. Cela découle notamment des efforts investis par Semican dans le développement de variétés adaptées au maltage et dans l’optimisation de la régie. Canada Maltage constitue le principal utilisateur d’orge de brasserie au Québec. « Nous en achetons entre 10 000 et 15 000 tonnes par année, confie son représentant Fang So. Celui-ci dit espérer voir la production québécoise continuer d’augmenter au cours des prochaines années.

Comme tout autre grain de créneau, l’orge de brasserie comporte des exigences techniques. « Le principal défi des producteurs québécois, c’est de contrôler la fusariose, signale Fang So. L’emploi de fongicides y contribue grandement. »

Pour sa part, Jacques Beauchesne, président-fondateur de Semican, croit que les producteurs gagneraient aussi à abaisser le degré d’humidité de l’orge à l’entreposage.

 

 

L’avoine nue sous pression

Les superficies en avoine nue, aussi appelée avoine à gruau, sont stables et peut-être même en baisse légère. « L’expansion de la zone de culture du maïs et du soya exerce une pression sur l’avoine », pense Alain Harbec, de Provalcid.

Le marché de l’avoine à gruau est dominé par l’entreprise Quaker Oats, dont l’usine se trouve en Ontario. Christiane Boulet croit que la compagnie souhaite raffermir ses approvisionnements au Québec. « Ils développent des variétés plus performantes au champ tout comme en usine », dit-elle. Alain Harbec craint cependant que le contexte actuel ne pousse le transformateur à se tourner davantage vers l’Ouest où, contrairement à ici, les superficies d’avoine nue s’accroissent.

Soulignons qu’il existe un second débouché pour cette céréale : la nourriture pour les oiseaux. « C’est un marché qui offre des prix comparables sinon meilleurs, rapporte Sébastien Lavoie. De plus, même si les exigences de qualité sont comparables à celle de l’alimentation humaine, on peut mélanger les variétés à la vente, ce qui nous donne un peu plus de flexibilité. »

 

Haricots : une reprise se pointe

Selon Haribec, l’unique transformateur de haricots au Québec, le volume de production a augmenté de 20 % cette année. La dégringolade de la production survenue il y a déjà quelques années, qui était peut-être reliée au développement du maïs éthanol, paraît donc terminée. Haribec commercialise plusieurs types de haricots, dont le bien connu cranberry, le rognon rouge, le blanc et le pinto. La quasi-totalité de la production est exportée en Europe et dans les Balkans.

La responsable des relations publiques, Stéphanie Roy, affirme que l’entreprise cherche à élargir son bassin de producteurs en diversifiant les variétés de semence. En outre, elle commercialise maintenant des haricots biologiques, un créneau pour lequel elle entrevoit d’excellentes perspectives. « Notre production a augmenté de 30 % cette année, se réjouit-elle. En fait, cette hausse est à l’image de la popularité croissante de tous les grains bio, en particulier en Europe. »

La culture du haricot exige normalement des équipements spécialisés, notamment pour le battage. Stéphanie Roy souligne toutefois que des producteurs font usage d’une batteuse conventionnelle pour certaines variétés, en effectuant les ajustements appropriés.

L’article complet sur le sujet du journaliste André Piette est publié dans le numéro de décembre 2017 du Bulletin des agriculteurs.

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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