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Connaissez-vous la moutarde Carinata?

Outre le tandem maïs-soya, plusieurs autres plantes peuvent être intéressantes en grandes cultures. Une compagnie québécoise basée à Gatineau, Agrisoma Biosciences, commercialise depuis quelques années la semence de moutarde Carinata sous la marque Resonance.

La plante de moutarde Carinata ressemble à la plante de canola.
PHOTO: AGRISOMA BIOSCIENCES

Cette plante ressemble à du canola. La moutarde Carinata (Brassica carinata) n’est pas une plante comestible. Elle est cultivée dans le but d’extraire l’huile des graines. Cette huile entre dans la composition de biocarburants à faible teneur en carbone pour l’industrie de l’aviation.

Une fois l’huile extraite, le résidu devient un sous-produit riche en protéines. Ce tourteau est déjà autorisé depuis quatre ans par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). La compagnie Agrisoma Biosciences vient d’obtenir l’approbation du Département américain de l’agriculture (FDA), ce qui lui ouvre un marché 10 fois plus important que le Canada.

Production américaine, marché européen

« Plus de 50 000 acres (20 000 hectares) de moutarde Carinata sont cultivés à travers le monde », explique le président et directeur général d’Agrisoma Biosciences, Steve Fabijanski. On en retrouve principalement au Canada, États-Unis et Amérique du Sud.

C’est toutefois en Europe que la récolte est exportée dans le but d’en extraire l’huile et de produire le tourteau. « Nous sommes les seuls à commercialiser cette semence, explique Steve Fabijanski. Nous sommes enthousiastes. »

Actuellement, le principal marché de tourteau de moutarde Carinata est celui des parcs d’engraissement. La compagnie a toutefois également effectué des recherches sur l’alimentation de la volaille. Le marché européen est ciblé pour la vente de tourteau puisqu’il s’agit d’une culture non génétiquement modifiée.

Des bovins écologiques

Le principal intérêt de l’utilisation de ce tourteau est la réduction de l’émission de gaz à effets de serre dans le cycle de vie du bétail. Cette réduction est indirecte. Les animaux ne diminueront pas leur production de méthane, mais ils consommeront un aliment provenant d’une plante produisant moins de gaz à effets de serre.

Au niveau cultural, cette plante est souvent cultivée sur des terres qui ne pourraient pas être cultivées en grandes cultures. Elle est aussi cultivée par certains producteurs américains comme culture d’hiver, ce qui augmente la profitabilité du sol.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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