Forte baisse des prix de l’urée aux États-Unis

Publié: 7 juin 2022

Forte baisse des prix de l’urée aux États-Unis

Une combinaison de facteurs fait reculer le prix de l’urée, au point où les prix ne sont plus que la moitié de ce qu’ils étaient il y a quelques mois.

Une barge, dont le chargement était prévu dans la dernière moitié de juin, s’échangeait à 500 $ US la tonne le 2 juin, comparativement à un sommet de 935 $ la tonne fin mars.

« Je ne me souviens pas d’un moment à ce stade de l’année où nous ayons vu une telle correction », a déclaré Josh Linville, analyste des engrais chez StoneX. Il estime qu’il faudra attendre la fin juillet ou le début août pour que la baisse des prix se fasse sentir dans le système de vente au détail de l’Ouest canadien. M. Linville attribue cette chute libre en grande partie au lent démarrage de l’ensemencement aux États-Unis. L’industrie des engrais est construite sur un modèle d’approvisionnement « just in time« , mais le travail sur le terrain a été retardé cette année.

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Un autre facteur est que les importations d’urée ont été bien supérieures à la normale sur le marché américain et dans le monde. Les marchés des engrais pensaient initialement que les exportations russes tomberaient à zéro en raison des sanctions économiques. Des tonnes d’engrais russes arrivent toutefois sur des marchés comme l’Inde et le Brésil.

Rejeana Gvillo, analyste principale des produits de base chez Farmers Business Network, a déclaré qu’une grande partie du ralentissement était liée à la saisonnalité. Il n’y a pas beaucoup de demande d’urée dans l’hémisphère nord à cette période de l’année. Mais elle a reconnu que les approvisionnements russes avaient surpris le marché. Les restrictions à l’exportation de la Russie ont été assouplies pour le mois de juin, bien qu’elles soient censées être rétablies en juillet. « Il y a un peu plus de concurrence parce que la Russie est de retour sur le marché. Elle a un mois pour inonder le marché », a déclaré Mme Gvillo.

Le marché surveille également de près la Chine, qui n’a pas encore levé son interdiction d’exporter des produits phosphatés et azotés devant expirer en juin. Personne ne sait ce qui va se passer sur ce front. Les spéculations vont de la Chine qui mettrait en place un programme d’exportation complet commençant immédiatement à un prolongement de son interdiction jusqu’à fin décembre ou même juin 2023.

M. Linville invoque aussi dans la baisse des prix le fait que les agriculteurs américains se détournent du maïs, qui est un gros utilisateur des intrants agricoles. Les marchés prévoyaient initialement que les agriculteurs ensemenceraient jusqu’à 93 millions d’acres de maïs. Le département américain de l’Agriculture a surpris tout le monde avec son rapport sur les intentions de plantation de mars qui indiquait que les producteurs allaient semer 89,5 millions d’acres. StoneX pense maintenant qu’il sera plus proche de 88,6 millions d’acres, tandis que d’autres analystes y vont de projections aussi basses que 86 millions d’acres.

Le résultat de ces trois facteurs est que la demande d’urée est bien inférieure à ce que le marché avait prévu et que l’offre est plus élevée qu’on ne le pensait, d’où la chute des prix en ce moment.

Source: The Western Producer, Sean Pratt (traduit de l’anglais)

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