L’avantageuse herbe de Soudan en plante abri dans l’implantation de la luzerne

L’herbe de Soudan a le potentiel d’être utilisée comme plante de compagnonnage lors de l’établissement d’une luzernière. Tel est le résultat préliminaire d’une étude menée par l’étudiante à la maîtrise et agronome Caroline Matteau, sous la supervision du professeur Philippe Séguin et du professeur adjoint Shyam Baurhoo, tous trois de l’Université McGill.

L’étudiante à la maîtrise et agronome Caroline Matteau, le professeur Philippe Séguin et le professeur adjoint Shyam Baurhoo, de l’Université McGill.

L’herbe de Soudan a l’avantage d’améliorer de manière très significative les rendements de fourrage dans l’année d’implantation d’une prairie, en plus d’être une plante très appétante et nutritive pour les vaches. Elle s’annonce aussi comme une plante intéressante dans le contexte du réchauffement climatique.

Dans cette étude, l’établissement de la luzerne avec l’herbe de Soudan a été comparé à l’implantation de la luzerne sans plante compagne, avec de l’avoine fourragère, du raygrass ou du blé. L’utilisation de l’herbe de Soudan a augmenté les rendements totaux de fourrage lors de l’année de semis de 20 à 60% par rapport à l’utilisation de l’avoine.

En comparaison avec la luzerne semée pure, l’utilisation de l’herbe de Soudan pourrait réduire de 17 à 22% les rendements de la luzernière durant l’année suivant l’établissement. Toutefois, cette réduction est moindre que celle observée lors de l’utilisation des céréales, soit 27% de réduction pour l’avoine et 34% pour le blé. Il reste toutefois une année de prises de données l’été prochain. Cela permettra de voir si les résultats se répètent ou non.

Herbe de Soudan « canadienne »

« Chez Bélisle Solution Nutrition Inc., c’est une plante que nous utilisons de plus en plus comme plante de compagnonnage », explique Shyam Baurhoo qui est aussi directeur de recherche pour cette entreprise spécialisée en alimentation animale.

« L’herbe de Soudan a une qualité nutritive très intéressante pour les vaches, ajoute-t-il. Elle contient beaucoup de sucres solubles, très appétant pour les vaches et sa fibre est très digestible. De plus, l’herbe de Soudan permet d’augmenter la proportion des graminées dans l’année d’implantation des prairies, un facteur important pour le bon fonctionnement du rumen de la vache. Finalement, l’herbe de Soudan, qui est une graminée annuelle, améliore les rendements et la qualité de fourrages dans l’année d’implantation d’une prairie.»

Toutefois, Shyam Baurhoo souligne que l’herbe de Soudan canadienne n’est pas comparable au Sorgho-Soudan des États-Unis. En raison de ses caractéristiques botaniques et physiologiques, le Sorgho-Soudan des États-Unis n’est pas recommandé comme plante compagne avec la luzerne. «On a testé plusieurs plantes abris pour l’implantation des prairies, dit-il. L’herbe de Soudan canadien a donné des meilleurs résultats et nous permet d’innover dans l’implantation de nos prairies.»

 

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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