Soya : une variabilité attribuable à plusieurs facteurs

«Pour le même cultivar, j’ai vu des rendements de 0,75 tonnes à l’acre et de 2,5 tonnes à l’acre.»

S’il fallait utiliser un mot pour décrire le rendement du soya cette année, ce serait sans doute variabilité. «J’ai relevé des extrêmes dans les deux sens, confirme l’agronome Alexandre Couture. Pour le même cultivar, j’ai vu des rendements de 0,75 tonnes à l’acre et de 2,5 tonnes à l’acre.»

Celui qui offre des services de consultation dans le Centre-du-Québec estime que différents facteurs ont causé cette variabilité. D’abord, la date de semis. «Ceux qui ont semé en avril ont fait un sacré bon coup, lance-t-il. C’est dans ces champs que j’ai noté les meilleurs résultats en termes de rendement, d’humidité et de poids spécifique.»

L’abondance de résidus de culture s’est avéré un handicap à plusieurs endroits. «On a semé dans un matelas de résidus comme on n’en avait jamais vu avant, dit-il. Comme les récoltes ont fini tard en 2019, plusieurs producteurs n’ont pas pu faire de travail de sol primaire. Sans compter que des champs de maïs ont été couchés par de grands vents.»

Le gel du 2 juin s’est avéré marquant dans certaines régions. «Il a été particulièrement dommageable dans les sols sableux avec beaucoup de résidus, observe l’agronome. Si les sols argileux sont lents à se réchauffer, les sols sableux ont ceci de caractéristique qu’ils réagissent fortement aux variations de température. Quand il fait très chaud le jour, ils se réchauffent vite. À l’inverse, si le mercure tombe pendant la nuit, leur température chute elle aussi.»

M. Couture souligne aussi que les applications herbicides ont causé un stress à des plants qui étaient déjà fortement stressés par la sécheresse. «Si on devait revivre des conditions météorologiques comme celles-ci, affirme-t-il, je pense que je recommanderais aux producteurs de repousser leur traitement herbicide. De toute façon, les mauvaises herbes ne nuisent pas beaucoup puisqu’elles manquent d’eau elles aussi.»

Le dernier facteur déterminant que mentionne l’agronome est, comme on pouvait s’y attendre, les gels survenus entre le 18 et le 21 septembre. «Les gels ont interrompu la maturité du soya, rappelle-t-il. Celui-ci a dû abandonner le remplissage de ses gousses et, par le fait même, il a produit des fèves plus petites et parfois un peu verdâtres. C’est ce qui explique que des variétés hâtives aient pu produire plus de rendement que des tardives.»

«Chaque année est particulière!», rappelle l’agronome en terminant.

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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