Un nouvel outil pour évaluer le risque de compaction

Un producteur veut acquérir un planteur à maïs, mais il hésite entre deux modèles. Il veut choisir le modèle le moins susceptible de causer de la compaction. Un planteur moderne de 24 rangs chargé de semence peut avoir une charge par essieu approchant des 20 tonnes.

Il existe maintenant un modèle informatique qui permet de déterminer le risque de compaction du sol par la machinerie. L’ingénieur  Bruno Garon, du MAPAQ-Montérégie Est, l’a présenté lors de la Journée Action Compaction, qui s’est tenue à l’ITA de Saint-Hyacinthe le 10 juillet dernier.

Baptisé Terranimo, ce modèle a été développé par une équipe de scientifiques suisses et danois (disponible ici : www.terranimo.world). Il est offert en deux versions : une version expert pour une analyse exhaustive du risque de compaction dans des conditions précises et une version dite light pour une évaluation simple et rapide, mais approximative, du risque de compaction.

Terranimo se base sur quatre paramètres pour fournir une évaluation du risque de compaction: charge à la roue, pression de gonflage des pneus, teneur en argile du sol et force de succion (une mesure de l’humidité du sol). Dans la version light, quatre curseurs et un diagramme apparaissent à l’écran. Chaque curseur correspond à l’un des paramètres. Le diagramme est divisé en trois zones sur la base de la résistance du sol et de la contrainte qu’il subit: une zone verte où il n’y a aucun risque de compaction; une zone jaune, dite de transition, où il y a un risque notable de compaction; une zone rouge où il y a un risque avéré de compaction persistante à 35 cm de profondeur. En ajustant chaque paramètre aux caractéristiques de la machine évaluée, un point se positionne à un endroit précis du diagramme, dans une des zones.

«Le modèle n’est pas parfaitement adapté aux conditions québécoises, car il est basé sur des séries de sol européennes, commente l’agronome Odette Ménard, du MAPAQ-Montérégie Est. Mais c’est un outil qui nous aide déjà beaucoup en donnant une idée approximative du risque de compaction dans nos propres sols.»

«On voudrait intégrer nos principales séries de sol à Terranimo et on recherche du financement pour pouvoir le réaliser», ajoute la conseillère.

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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