Ligne de temps

Choisir le bon système de traite

Si vous deviez construire une nouvelle étable, quel système de logement et de traite choisiriez-vous? La traite en stabulation entravée sans robot, ou la stabulation libre avec robot ou en salle de traite? Deux producteurs et une productrice de lait ont présenté leur choix au dernier Rendez-vous laitier AQINAC tenu le 25 mars dernier à Drummondville.

Stabulation entravée

Ferme M.R. Chagnon incLe choix de René Chagnon de la Ferme M.R. Chagnon d’Acton Vale, en Montérégie, a été basé sur la qualité de vie. « Je ne veux plus vivre pour mon troupeau, a-t-il dit. Je veux que ce soit mon troupeau qui me fasse vivre. »

La ferme de 980 hectares a un troupeau de 185 vaches pour un total de 330 têtes. Le quota possédé est de 191 kg M.G. Ses garçons Samuel et Jérémi sont impliqués dans la ferme, ainsi que son père de 85 ans qui fait encore la comptabilité. Deux employés à temps plein et quelques autres à temps partiels sont aussi présents.

« En 2006, la relève s’en venait, raconte René Chagnon. Il fallait bouger. » Le projet était planifié sur quatre ans et comprenait l’achat de quota et la promesse aux enfants de ramener tous les animaux sur un même site, ce qui fut fait en 2010 avec la construction d’une nouvelle étable.

Le choix a été porté vers la stabulation entravée pour deux raisons : le coût moins grand avec ce système et les inconvénients plus importants que les avantages avec les robots ou la salle de traite, selon René Chagnon. Après un chantier intensif parce que les vaches restaient dans l’étable, il est satisfait de leur choix. La traite prend trois heures matin et soir pour trois personnes. Le coût total du projet est de 1 750 000$. « Aujourd’hui, j’ai plus l’impression de m’amuser que de travailler », conclut René Chagnon.

Robot de traite

Ferme Roland Caron inc.L’adepte des médias sociaux Sabrina Caron de la ferme Roland-Caron de Laurierville, dans les Bois-Francs, a opté il y a quatre an pour une étable à stabulation libre avec robot de traite. La ferme de 238 hectares, dont 124 en culture, a un droit de produire de 71 kg M.G./jour en plus du 5 kg pour la relève.

Pour Sabrina Caron, la stabulation libre est la meilleure façon d’assurer le bien-être de ses animaux. Le robot de traite offrait plus de flexibilité pour une jeune famille : aucune obligation de se rendre à l’étable à heures fixes pour la traite.

Le projet a été minutieusement évalué avec l’aide de conseillers. Il a été pensé en fonction du futur. « Le point fort, c’est d’aller voir des fermes, pas juste au Québec, mais aussi ailleurs », recommande Sabrina Caron. Et n’y allez pas seulement avec des représentants afin d’avoir toutes les réponses à vos questions ».

Le robot de traite choisi, de la compagnie DeLaval, est assorti du système de circulation Feedfirst avec des barrières devant le robot. « On trouvait que c’était plus facile d’enlever les barrières que d’en rajouter », explique Sabrina Caron. Les logettes sont sur litière de sable.

Les résultats techniques sont enviables. Chaque vache produit en moyenne 1,43 kg de M.G. par jour, 12 200 kg de lait par année en 2,8 traites par jour. Sabrina Caron veut aussi de belles et bonnes vaches. Le taux de réforme n’est que de 20 à 25%. Le troupeau compte 30% de vaches de 5e lactation et plus. Sans négliger la beauté : 5 EX, 29 TB, 29 BP et 2 B. L’endettement est de 273$ de l’hectolitre.

Salle de traite

Ferme S.C.H. incStéphane Blanchette de la ferme S.C.H. de Saint-Charles-du-Richelieu, en Montérégie, a opté en 2006 pour la construction d’une étable avec salle de traite. « Je ne me voyais pas du tout avec des vaches attachées », raconte-t-il.

En 2014, l’étable a été agrandie pour apporter plus d’espace aux animaux. Le quota de la ferme est maintenant de 255 kg M.G./jour. Selon Stéphane Blanchette, le confort, ça se paie tout seul, en amélioration de production, reproduction et longévité des vaches.

Le salon de traite a été choisi parce que c’est ce qui offrait le plus de flexibilité d’agrandissement de troupeau ou pour faire le lait d’automne.

Le coût de la phase 1 est de 8000$ par logette. Les vaches y sont sur cave profonde. La phase 2 a coûté 5750$ par logette. Les raclettes ont été préférées à la cave profonde en raison des taures qui y sont présentes. « Mais on préfère la cave profonde », dit Stéphane Blanchette. La marge nette par vache est de 4400$.

Nouveauté

Pour sa huitième édition, le Rendez-vous laitier AQINAC a rassemblé 503 participants, dont le tiers était composé de producteurs. En nouveauté cette année, les conférences étaient présentées simultanément à l’ITA – Campus de La Pocatière où 82 participants étaient rassemblés. Durant cette journée, les producteurs ont su que le droit de produire était haussé de 1,5% dès le premier avril, au lieu du 0,5% anticipé.

Les présentations sont disponibles sur le site Internet du Rendez-vous laitier AQINAC.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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