Il faut regarder plus que le lait fourrager

«Le lait fourrager, c’est une notion qui a 25 ou 30 ans», explique le spécialiste en nutrition animale Jean Brisson chez Valacta. On en parle encore comme une donnée intéressante. Le lait fourrager permet de dire combien un troupeau peut donner de lait uniquement avec les fourrages. Donc, si on enlève les concentrés, combien les vaches produiront-elles de lait?

«Ce que je n’aime pas du lait fourrager, c’est que c’est une équation compliquée que le producteur ne peut pas faire lui-même, dit Jean Brisson. Pour l’avenir, d’autres calculs seront plus tangibles.»

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Selon lui, il faudra davantage s’orienter vers les données liées à la qualité des fourrages. Lorsqu’un producteur (ou une productrice) goûte la joie de produire des fourrages de qualité, il voit la différence dans le réservoir à lait. Il ne veut pas par la suite retourner à des fourrages de moins bonne qualité.

C’est le cas pour Chantale Riverin et Sylvain Gauthier, de la ferme Thierry Holstein d’Héberville-Station, au Lac-Saint-Jean, rencontrés dans le cadre d’un article publié de le numéro de mai du Bulletin des agriculteurs (pages 34 à 36).

Selon Jean Brisson, trois aspects sont à surveiller.

  1. ADF

«La marque à viser est de 30, dit Jean Brisson. Si nous avons 30% à 31%, ça nous indique que la technique de récolte est à point.» Une teneur basse en ADF est gage d’un fourrage de qualité. Chez Chantale et Sylvain, l’ADF varie de 25% à 30%, selon le champ et la coupe. «C’est extraordinaire», s’exclame Jean Brisson.

  1. Ratio lait concentré

Le ratio lait concentré indique la quantité de lait que je peux produire avec un kilogramme de concentré. «Pendant des années, ce ratio était d’environ 2,6, dit Jean Brisson. En 2010-2011, il est passé à plus de 3 et il est maintenant à 3,3 depuis 2012. Ça vient confirmer le fait que si on a un meilleur fourrage, on n’a pas besoin d’autant de concentré.» Chez Chantale, il est de 3,49. Il est un peu plus élevé que la moyenne provinciale.

  1. Consommation de matière sèche de fourrages

«Pendant des années, la consommation de matière sèche de fourrages visée était de 2 % du poids vif, donc 12 kg par vache par jour», dit Jean Brisson. Chez Chantale et Sylvain, elle est de 18 kg. «C’est extraordinaire ! C’est assez proche du maximum qu’on peut faire manger à une vache, dit Jean Brisson. Il y a des troupeaux à 11 kilos et les bons sont à 16 kilos.» Pour atteindre ce chiffre, il faut d’excellents fourrages, des rations bien ajustées et des gens aux détails comme Chantale. «Donc, une bonne régie de mangeoire», résume Jean Brisson.

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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