Le délai pour passer aux truies gestantes en groupe pourrait être reporté de 5 ans

Des discussions sont en cours entre le Conseil canadien du porc et le comité du Code de pratiques

Le Conseil canadien du porc discute avec le comité du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs pour reporter de cinq ans l’échéance de la transition vers le logement des truies gestantes en groupe.

Même si la transition va bon train, le Conseil canadien du porc s’attend que plusieurs fermes ne soient pas prêtes pour le 1er juillet 2024.

L’actuel code a été mis en place en 2014. Chaque cinq ans, une révision du code a lieu. C’est lors de cette discussion entamée en 2019 que le Conseil canadien du porc a fait part de l’incapacité pour ses membres de respecter l’échéance. Actuellement, 25% des truies gestantes sont en groupe au Canada. Le Conseil canadien du porc s’attend à ce qu’en 2024, 60% des truies soient logées en groupe.

« Les producteurs continuent de s’engager vers le transfert des truies en groupe », explique Gary Stordy, directeur affaires gouvernementales et corporatives au Conseil canadien du porc. « En raison de la complexité de la conversion et de la construction, nous pensons que certains producteurs quitteraient la production s’il leur fallait respecter l’échéance de 2024. En extentionnant, nous croyons que plusieurs choisiront de rester en production. »

Pour certains éleveurs, les équipements sont récents. Le fait de reporter de cinq ans permettra d’attendre davantage la fin de vie utile des équipements. Mais surtout, ce sont plusieurs maillons de la chaîne qui sont impliqués dans le transfert vers les truies en groupe. Les ingénieurs et les constructeurs ont déjà des carnets bien garnis. Même chose du côté des fournisseurs de cochettes, les futures truies qui logeront dans ces installations.

En entrevue, le directeur général de Gènes Alliance, l’agronome Christian Blais, raconte avoir demandé à un client de retarder son projet de construction parce qu’il ne peut pas leur fournir de cochettes rapidement.

Les producteurs de porcs canadiens restent quand même parmi les plus avant-gardistes au monde. En effet, le logement des truies en groupe n’est pas une exigence des principaux marchés importateurs de porcs canadiens.

Gary Stordy espère une réponse bientôt de la part du comité du Code de pratiques.

Situation au Québec

Au Québec, c’est 38% des truies gestantes qui sont logées en groupe, ce qui représente 15% des maternités. « Il y a peu de bâtiments neufs. Ce qu’on voit beaucoup, c’est une augmentation de cheptel de truies », explique le chargé de projets truies en groupe pour le Centre de développement du porc du Québec (CDPQ), l’agronome Sébastien Turcotte.

Souvent, les producteurs conservent les mêmes bâtiments avec les équipements, mais ajoutent une section gestation neuve pour les truies en groupe en plus d’une section mise bas pour les places manquantes. Les anciennes cages de gestations deviennent le bloc sailli, la section de maternité porcine où les truies seront logées après le sevrage et avant la gestation en groupe.

« Il y a beaucoup de projets de rénovations avec le même nombre de truies (qu’avant la rénovation) », explique Sébastien Turcotte. Ceux qui n’ont pas de relève quittent la portion maternité pour faire de l’engraissement. Les maternités mal situées au point de vue biosécurité se convertissent aussi en engraissement. Les fermes bien situées vont faire la transition ou vont grossir.

« Il y a une tendance forte pour la transition vers les DAC autobloquants», explique Sébastien Turcotte. Les DAC autobloquants sont des distributeurs automatiques de concentrés dans lesquels les truies vont s’embarrer volontairement le temps de manger leur repas et qui en ressortiront par la suite. Ce type d’alimentation déssert 75 000 des 120 000 truies en groupe.

Le CDPQ est à la recherche de fermes pour un projet de recherche qui comparera les performances selon les diférents systèmes de truies en groupe. Pour cela, Sébastien Turcotte est à la recherche de fermes qui ont déjà fait la transition.

À noter aussi que l’automne prochain, une journée aura lieu pour présenter les nouveautés pour les truies en groupe.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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