Le grade du maïs n’a pas tant d’importance sur les performances des porcs

Tel est le résultat d’un projet mené par le Centre de développement du porc

Alors que la récolte du maïs grain est à nos portes, il est pertinent de se rappeler la récolte précédente et ses effets sur sa consommation des porcs. La qualité du maïs de l’année 2019 a été catastrophique. La saison a été empreinte de tout un cocktail météo : printemps tardif, été très sec, pluies torrentielles, vents violents, arrivée hâtive de neige…

« C’était la première année qu’on avait autant de grades élevés de maïs », raconte la responsable du secteur nutrition et alimentation au Centre de développement du porc du Québec (CDPQ), Laeticia Cloutier. C’est pourquoi le comité sur la nutrition du CDPQ a eu l’idée d’un projet. Le but : connaître l’impact du déclassement du maïs sur les performances des porcs. Est-ce qu’un maïs de grade 5 peut quand même donner de bonnes performances chez les porcs?

Pour cela, un projet a été mené sur des fermes de quatre partenaires qui ont utilisé différents grades de maïs. Les recettes de moulée avaient été simplifiées et se ressemblaient d’une entreprise à l’autre.

La moulée a été servie aux porcs en pouponnière. Cela permettait d’avoir les résultats plus rapidement, puisque les porcs croissent plus vite. Cette approche avait aussi comme avantage de réduire les coûts du projet. Les porcs en pouponnière mangent en effet moins que ceux en engraissement.

« Aucun essai n’a montré clairement d’effet négatif », explique Laeticia Cloutier. Il n’y avait aucune différence significative entre les grades de maïs pour la consommation journalière et pour le gain moyen quotidien.

C’est au niveau de la conversion alimentaire qu’il y a eu des effets. Dans deux groupes, ce n’était pas significatif, alors que les deux autres groupes ont donné des résultats opposés. Il n’y a pas d’explication pour ces résultats.

Laeticia Cloutier explique que plusieurs acheteurs de maïs dépréciaient beaucoup la valeur du maïs de grade élevé. Depuis que les résultats préliminaires ont été présentés aux partenaires du projet, leur attitude face aux grades 4 et 5 a changé. « Je pense qu’ils ne se méfient pas autant de ces maïs-là suite à ce projet », dit-elle.

Un volet digestibilité du maïs doit avoir lieu dans les prochains mois, ainsi qu’une étude économique.

 

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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