Les Lapointe favorisent la longévité de leurs vaches

Yannick et Francis Lapointe en compagnie de la vache la plus âgée du troupeau.

Yannick et Francis Lapointe en compagnie de la vache la plus âgée du troupeau.

Dans l’étable construite en 2011, les frères Francis et Yannick Lapointe de la Ferme Gilles Lapointe et fils d’Upton montrent avec fierté les vaches les plus âgées du troupeau. « Celle-ci a 10 ans », dit Yannick Lapointe. Si elle est toujours au sein du troupeau de 75 vaches en lactation, c’est qu’elle donne un veau chaque année. Elle a eu son huitième veau et si tout se déroule bien, il y en aura un neuvième. « Certaines sont belles, mais si tu ne peux pas les mettre en veau, ça ne sert à rien », explique Francis Lapointe.

L’objectif n’est pas d’établir un record. Une vache plus âgée vient d’être réformée. Ses pattes commençaient à courber. Au-delà de la sélection des meilleurs sujets, l’environnement et la régie sont mis à contribution pour faire en sorte que les vaches puissent durer longtemps dans le troupeau et ainsi produire le maximum de lait. Le travail pour assurer la longévité des vaches commence à la sélection du taureau et se termine lors de la décision de réformer la vache. « Si une taure part, c’est 2500 $ de perdu », explique leur conseillère, l’agronome Marie Landry-Blais de la Meunerie Willie Dorais de Shur-Gain. De 2500 $ à 3000 $, c’est le coût pour élever une génisse jusqu’à l’âge de deux ans.

L’âge moyen des vaches en lactation est actuellement de 3 ans et 11 mois. Il tient compte du fait qu’il y a en ce moment beaucoup de vaches de premier veau pour combler les allocations supplémentaires de production de lait. Il y a 34 % de vaches en première lactation. Quelque 42 % des vaches en lactation sont à leur troisième veau et plus. Leur moyenne d’âge est de 5 ans et 6 mois. Les plus âgées sont à leur septième et huitième veau. À la Ferme Gilles Lapointe et fils, les vaches en deuxième lactation commencent à être rentables, mais les trois lactations et plus le sont encore plus.

Une étable confortable

La nouvelle étable construite en 2011.

La nouvelle étable construite en 2011.

Lorsqu’ils ont pris la décision avec leur père de construire une nouvelle étable en 2011, c’était avant tout pour regrouper toutes les vaches sur un même site. L’autre objectif était le confort des vaches. Le confort améliore à la fois la production laitière et la longévité des vaches. La production moyenne de lait du troupeau est aujourd’hui de 10 900 kg.

L’étable en stabulation libre est dotée d’une salle de traite double 10 Swing Over. « J’aime traire les vaches, dit Francis. Les robots, ça n’a même pas été une option pour moi. » Et puis, comme dit Francis à la blague, la salle de traite « augmente aussi la longévité du trayeur » ! Francis est le gars de troupeau alors que Yannick est plus celui des champs et de l’alimentation. Les taures et les vaches taries sont logées en stabulation entravée dans l’ancienne étable contiguë à la nouvelle.

Les nouvelles logettes sont longues et larges (122 cm sur 183 cm ou 48 po sur 72 po, plus l’espace à la mangeoire) pour tenir compte de la taille des vaches d’aujourd’hui. Dans l’ancienne étable, les logettes de 1998 n’ont pas été modifiées puisqu’elles étaient déjà de bonne dimension: 140 cm (4 1?2 pi) de large. Les logettes sont dotées de tapis et de litière. Pour diminuer les coûts de litière, les Lapointe installaient un séparateur de fumier lors de notre visite, soit un équipement qui permet de récupérer la partie fibreuse du fumier pour l’utiliser sous forme de litière. Les Lapointe pourront ainsi mettre davantage de litière à moindre coût pour un meilleur confort des vaches.

Les vaches ont beaucoup d’espace à la mangeoire : 127 cm (50 po), soit aussi large que la largeur des logettes. L’accès à la nourriture n’est donc pas une contrainte. Toutefois, les Lapointe ont remarqué que les vaches s’étirent un peu trop le cou lorsqu’il reste moins de fourrages à manger. La base du cou frotte sur la barre. C’est pourquoi cette barre sera éloignée du muret.

Les vaches ont un podomètre au pied qui mesure l’activité de la vache et les aide dans la détermination du moment de la saillie. Les vaches vêlent attachées dans l’ancienne étable. «Ça va très bien», dit Francis. Elles restent dans leur logette de vêlage pendant une semaine, ce qui permet de leur fournir un complément à l’alimentation.

Si vous désirez en apprendre davantage sur la ferme Gilles Lapointe et fils, l’article Favoriser la longévité est publié dans le numéro de juillet-août du Bulletin des agriculteurs.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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