Les vaches aiment la gourgane!

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Photo: Jean Girard

Les vaches répondent bien à l’ajout de gourgane dans la ration. Les essais menés de janvier à avril dernier sur une ferme au Saguenay sont encourageants pour l’utilisation de cette légumineuse. La chargée de projet Stéphanie Claveau a mené l’étude auprès du groupe innovation, formé par Agrinova .

Huit vaches dont la ration contenait de la gourgane et huit vaches alimentées avec la ration régulière sans gourgane ont été évaluées pendant 125 jours. Les vaches avaient entre 0 et 30 jours en lait au début du test. Comme l’explique l’agronome Jean Girard, agent scientifique et d’innovation en production laitière chez Agrinova, le test visait à vérifier l’appétence, la production laitière, les composantes du lait et les effets sur la reproduction.

« L’appétence était excellente », décrit Jean Girard. Après une période d’adaptation au nouveau goût par une introduction graduelle de la gourgane, les vaches mangeaient leur ration avec appétit. La production laitière était également excellente. Les vaches alimentées à la gourgane produisaient un peu plus de lait que les vaches témoin, sans gourgane.

La composition du lait n’a pas changé avec l’ajout de gourgane dans la ration, ni pour ce qui est de l’urée, ni pour le pourcentage de gras. Aucun problème de reproduction n’a été décelé. Toutes les vaches inséminées – six sur huit – ont été déclarées gestantes. Deux vaches du groupe gourgane étaient en fin de carrière et n’ont par conséquent pas été inséminées.

Gaz à effet de serre

« Un gros projet de gaz à effet de serre débute cet automne, explique Jean Girard. C’est la phase 2 du projet gourgane. » Ce nouveau projet mené par Stéphanie Claveau durera trois ans et impliquera des chercheurs professionnels : Patrick Faubert de l’Université du Québec à Chicoutimi, Suzanne Allaire de l’Université Laval et Chaouki Benchaar du Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Sherbrooke.

Le projet qui débute en octobre 2014 sera divisé en étapes. La première phase sera réalisée sur deux fermes du groupe innovation Saguenay et deux autres fermes du Lac-Saint-Jean. Il impliquera 16 vaches par ferme. Le fumier de ces 64 vaches sera récolté pour la phase 2 du projet afin d’être entreposé dans des mini-structures expérimentales et épandu aux champs. Les émissions de gaz à effet de serre seront quantifiées tout au long de ces étapes. Pour la phase 3, les chambres à gaz de Chaouki Benchaar seront utilisées pour chiffrer de façon scientifique la réduction pressentie de gaz à effets de serre par les vaches mangeant de la gourgane.

Les génisses en mangeront aussi

Dans un projet à venir, le supplément de croissance et le grain des génisses laitières sera remplacé par de la gourgane et du minéral. Nadia Bergeron, chargée de projet chez Agrinova, sera responsable de ce projet émanant du groupe innovation 2 piloté par l’agronome Nicolas St-Pierre. Le taux de croissance et le gain des génisses seront évalués. L’économie escomptée est de 50 cents si le producteur achète la gourgane, ou à 1 dollar par jour s’il la produit lui-même.

Chaîne de valeur

Puisque la gourgane pousse si bien au Saguenay – Lac-Saint-Jean et qu’elle offre de nombreuses possibilités d’utilisation, en alimentation animale et humaine, pourquoi ne pas favoriser une plus grande utilisation? Eh bien, une chaîne de valeur est en développement dans la région. « Le but est de créer une chaîne de valeur agricole de la gourgane en concertation avec les acteurs régionaux impliqués à tous les niveaux de la chaîne, explique Jean Girard. Des études, analyses, essais, recherche et développement auront lieu pendant les trois prochaines années pour développer et réaliser les potentiels de la chaîne de valeur. « On travaille à évaluer et créer le marché », explique Jean Girard. Il cite en exemple la féverole, une plante proche-parente de la gourgane qui est utilisée en alimentation humaine et animale dans de nombreux pays.

Les projets d’Agrinova sur la gourgane ont stimulé les producteurs de la région à en semer davantage. En 2014, il s’est cultivé environ cinq fois plus de gourgane qu’habituellement : 180 ha (450 acres) comparativement à 30 à 40 (75 à 100 acres). Le rendement de cette année est très bon à 3,9 tonnes à l’hectare (1,6 tonne à l’acre), malgré la chaleur.

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à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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