Un nouveau vaccin contre la mammite, c’est pour bientôt

Image tirée de la vidéo produite par l'Université de Sherbrooke.

Image tirée de la vidéo produite par l’Université de Sherbrooke.

La compagnie Bayer et l’Université de Sherbrooke viennent de signer un contrat pour la commercialisation d’un vaccin développé par une équipe de recherche de cette université contre la mammite bovine causée par Staphylococcus aureus.

« La grande force de cette bactérie est d’être capable de causer des infections persistant durant plusieurs mois dans la glande mammaire, explique le professeur et chercheur spécialisé en biologie François Malouin. La mammite causée par Staphylococcus aureus est la princpale cause de mammite. Elle occasionne des pertes monétaires importantes pour les producteurs et il y a peu de succès avec les antibiotiques. La meilleure façon de la prévenir, c’est par la vaccination. »

Depuis sept ans, le Dr. Malouin et son équipe, appuyés par une aide financière du Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine, ont développé le vaccin qui serait efficace contre la bactérie S. aureus.

En entrevue téléphonique, le chercheur Jean-Philippe Roy de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, nous explique que le vaccin développé par l’équipe de François Malouin ne sera pas le seul vaccin homologué au Canada comme aide à la mammite causée par S. aureus. Cet autre vaccin est le Topvac de la compagnie espagnole Hipra. Contrairement au nouveau vaccin, le Topvac est aussi homologué comme aide au contrôle de la mammite causée par un autre agent, E. coli.

Pour développer le nouveau vaccin, le professeur Malouin, la professionnelle de recherche Céline Ster, la doctorante Marianne Allard et l’étudiante au doctorat Julie Côté-Gravel, aidés par des collaborateurs de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, ont étudié la composition génétique de la bactérie. Leur but était d’en arriver à isoler les portions de la bactérie responsables de sa spécificité.

« Ce n’est pas un vaccin classique, explique François Malouin. Ce n’est pas un vaccin tué ou atténué. C’est un vaccin unitaire, c’est-à-dire que nous avons purifié les composantes de la bactérie, les outils qui permettent à la bactérie de développer une maladie persistante. »

Essais concluants

Le vaccin a été testé sur des vaches du Centre de recherche et de développement de Sherbrooke d’Agriculture et Agroalimentaire Canada sous la direction du chercheur Pierre Lacasse. Les deux grandes études ont démontré que les vaches vaccinées étaient beaucoup plus protégées contre la bactérie. La quantité et la qualité du lait n’étaient pas affectés. Les vaches étaient mieux équipées pour se défendre contre la bactérie.

Lorsqu’il sera disponible, le vaccin sera administré avant et possiblement après le vêlage, pour protéger la vache durant la période la plus critique, le début de lactation. Il sera administré par injection.

L’équipe de l’Université de Sherbrooke travaillera maintenant à développer la mise à l’échelle pour la fabrication à grand volume du vaccin. Selon François Malouin, il faudra attendre de deux à cinq ans avant de pouvoir l’utiliser à la ferme.

L’Université de Sherbrooke a produit une vidéo sur le sujet.

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