Des liens entre la consommation de charcuterie et le risque de cancer

Lyon, (France), 23 juin 2001 – Si une importante consommation de charcuterie semble augmenter le risque de cancer du côlon d’environ 50 pour cent, une alimentation riche en viande rouge ne paraît pas avoir d’incidence, selon les résultats préliminaires de l’Etude prospective internationale sur le cancer et la nutrition (EPIC).

Ces résultats ont été presentés vendredi à Lyon à l’occasion de la conférence européenne « Nutrition et Cancer ».

De précédentes études avaient établi une relation entre une forte consommation de viande et les cancers du côlon et du rectum, mais la plupart de ces travaux ne distinguaient pas la charcuterie et la viande rouge.

La viande rouge n’est pas pour autant débarrassée de tout soupçon, a prévenu le Dr Arthur Schatzkin, chef d’épidémiologie nutritionnelle au Centre national du cancer américain. « Ces résultats sont très préliminaires », a-t-il noté. « Il faut encore affiner (les résultats) avant de pouvoir tirer des conclusions ».

Les scientifiques se sont aperçus que la consommation de viande à elle seule ne suffit pas à expliquer le non-développement ou l’absence de développement de cancer. La méthode et la durée de cuisson des viandes mais aussi la manière de les découper doivent encore être analysées pour obtenir des résultats plus fiables.

La friture ou la grillade au charbon de bois pourraient ajouter des substances chimiques cancérigènes à la viande, selon certains chercheurs.

Les résultats préliminaires de l’EPIC « nous mettent dans la bonne voie. La seule certitude, c’est que la viande fraîche et la charcuterie doivent être considérées séparément », a commenté Martin Wiseman, professeur à l’Institut de nutrition humaine de Southampton (Grande-Bretagne).

« Mais qu’en est-il des Dee ou fraîche? Et les boulettes de viande? Dans quelle catégorie rentrent-elles? », a-t-il lancé. « Nous commençons à peine à désenchevêtrer tout ça. »

Le coordinateur de l’étude, le Dr Elio Riboli, chef de la division nutrition du Centre international de recherche sur le cancer, a précisé qu’aucune incidence sur l’apparition de cancer n’avait été établie lorsque les viandes rouges étaient examinées comme un groupe unique.

Mais lorsque la charcuterie a été étudiée séparément, les personnes en consommant 60 grammes par jour en moyenne – l’équivalent d’une ou deux fines tranches de jambon fumé, de quatre lamelles de jambon de Parme ou d’un hot dog géant – avaient un risque de cancer du côlon ou du rectum supérieur de 50 pour cent à ceux qui n’en mangeaient pas.

Coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer, l’EPIC, la plus grande étude jamais menée sur les rapports entre l’alimentation et le cancer, a été réalisée sur un échantillon de plus de 500 000 sujets répartis dans dix pays européens.

Cette étude prospective vise à mettre en évidence les liens de cause à effet entre l’équilibre alimentaire, les données anthropométriques, l’activité physique, les facteurs hormonaux ainsi que les facteurs de prédisposition génétique et l’apparition de certains cancers.

Source : AP

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