Expansion prudente dans le secteur bovin Canadien

Ottawa (Ontario), 2 novembre 2001 – Malgré les prix élevés dans le secteur bovin, les naisseurs des quatre coins du Canada mettent sur pied avec prudence des plans d’expansion. Ils veulent s’assurer d’avoir mis en place un plan d’affaires solide qui anticipera les cycles du marché avant de passer à l’étape d’expansion.

La croissance du cheptel canadien de bovins reproducteurs est plus lente que l’on avait prévu, compte tenu de la courbe haussière que connaît le secteur depuis quelque temps déjà, souligne Anne Dunford, analyste de marchés de Canfax, une filiale de la Canadian Cattlemen’s Association. Toutefois, des régions comme l’Est de la Saskatchewan et le Manitoba sont en expansion.

Elle remarque que, dans certains cas, les coûts d’expédition dans l’Est des Prairies font en sorte que la production bovine est plus intéressante que la production céréalière. Aussi, l’Est de la Saskatchewan et le Manitoba n’ont pas été aussi touchés par les conditions de sécheresse qui ont frappé ces deux dernières années les régions de l’Ouest.

Il est probable que des liquidations de troupeaux de bovins reproducteurs auront lieu dans l’Ouest de la Saskatchewan et l’Estde l’Alberta à cause de la pénurie de fourrages et d’eau dans certaines régions.

A l’échelle nationale, l’Alberta possède 40 p. 100 du cheptel de bovins reproducteurs. La Saskatchewan se classe au deuxième rang avec environ 25 p. 100, puis suivent le Manitoba avec 12 p. 100, l’Ontario avec 10 p. 100, la C.-B. avec 6 p. 100 et le Québec avec 5 p. 100.

Les statistiques brossent un tableau différent lorsqu’on regarde le secteur des bovins finis. Un pourcentage élevé des bovins d’engraissement, soit environ 72 p. 100, sont engraissés en Alberta jusqu’au poids d’abattage. L’Ontario engraisse 17 p. 100 des bovins, tandis que la Saskatchewan et le Manitoba engraissent, ensemble, quelque 9 p. 100 des bovins jusqu’à la finition.

Alors que le secteur des parcs d’engraissement continue de croître, le secteur de l’élevage-naissage n’a pas connu la croissance à laquelle on s’attendait. Comme le prix du veau d’engraissement grimpe, les éleveurs hésitent à garder des veaux de renouvellement. Il faut aussi préciser que le prix des animaux reproducteurs est élevé.

« Si vous voulez agrandir votre troupeau ou démarrer une exploitation de bovins reproducteurs, vous arrivez presque au plus fort du cycle », met en garde Dunford. Elle mentionne toutefois que le cycle des prix dans le secteur bovin semble être plus uniforme que par le passé. « Selon les événements passés, on pourrait connaître un creux en 2005-2006 », affirme l’analyste de Calgary.

Bill Friesen, conseiller en financement depuis longtemps au bureau de campagne de Financement agricole Canada à Lethbridge, en Alberta, suit de près le prix du bétail mais conseille de ne pas tenter de deviner le marché. « Il est difficile de dire quel est le meilleur moment pour investir. La chose la plus importante est de ne pas changer d’idée continuellement », affirme Friesen.

Friesen remarque que l’achat d’une vache en gestation au printemps au prix de 1 600 $ peut sembler une dépense élevée, mais si le veau qui naîtra à l’automne se vend 800 $ ou 900 $, il s’agit d’un bon investissement. « Les prix ne semblent pas si élevés si vous planifiez être en affaires à long terme. »

Les éleveurs de bovins établis qui décident d’agrandir leur troupeau sont responsables en grande partie de la croissance que connaît le secteur de l’élevage-naissage, affirme Friesen. Peu de producteurs céréaliers du Sud de l’Alberta se convertissent à la production bovine pour la première fois, mais certains producteurs céréaliers et non-agriculteurs ont conclu des ententes de partage pour l’élevage de veaux avec des éleveurs établis.

En plus de financer l’expansion des exploitations d’élevage-naissage et des parcs d’engraissement, Friesen et d’autres conseillers en financement de FAC ont aidé les producteurs en finançant la relocalisation de leurs exploitations. Dans certaines régions, la pression créée par les villes voisines et les propriétaires fonciers a fait grimper le prix des biens-fonds. Certains producteurs ont pris la décision de vendre leur exploitation et de se relocaliser dans des régions où les prix des terres sont plus bas.

Dans certaines régions des Prairies, les terres affectées au pâturage et à la culture de fourrages ont une valeur sur le marché de plus de 1 000 $ l’acre. Dans d’autres régions, des terres de qualité semblable ou même supérieure se vendent 250 $ l’acre ou moins.

Friesen affirme que l’accès à des terres plus abordables a un impact positif sur la rentabilité des plans d’expansion. Il remarque aussi que toute réduction des troupeaux de bétail dans les régions des Prairies touchées par la sécheresse pourrait créer des occasions d’expansion dans les régions où les précipitations et donc les stocks fourragers sont plus abondants.

La clé de la réussite est de savoir où vous voulez amener votre exploitation d’ici 10 ans – non seulement sur le plan de l’emplacement physique mais aussi sur le plan financier. « Il est important d’avoir un plan d’affaires à long terme et d’avoir un engagement solide envers le secteur », conclut Friesen.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Canadian Cattlemen’s Association (CCA)

http://www.cattle.ca/

Financement agricole Canada (FAC)

http://www.fcc-sca.ca/

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