La traçabilité jusqu’à l’assiette

Un projet-pilote d’Agri-Traçabilité Québec (ATQ) pour la mise en place d’une traçabilité de la viande de bœuf de l’abattoir au consommateur révèle les conditions de réussite d’une telle opération. À l’heure actuelle, sauf exception, la traçabilité se limite de l’animal à l’abattoir.

VSC est de ces rares entreprises qui ont étendu la traçabilité jusqu’au consommateur. Elle fait partie des 24 entreprises qui ont accepté de partager leur expertise. Le projet faisait suite à un premier projet qui dressait le portrait de la traçabilité dans 32 entreprises. « Notre objectif était d’aller plus loin, de voir ce qui peut être fait », raconte Lyne Ravary, coordonnatrice au développement chez Agri-Traçabilité.

Un des grands constats a été de voir le manque d’homogénéité dans l’étiquetage. C’est d’ailleurs la première conclusion pour qu’il y ait une continuité. « Si le secteur de commercialisation de la viande bovine a la volonté de poursuivre les démarches de traçabilité, la prochaine étape dans l’industrie serait de déterminer une norme d’étiquetage au niveau canadien des produits de viande, afin que l’information qui est recueillie et partagée entre les divers maillons de la chaîne de commercialisation soit uniforme », peut-on lire dans le rapport disponible sur Agri-Réseau.

Un sous-objectif du projet d’ATQ était de vérifier ce qui pouvait être fait dans les circuits courts. L’important serait d’offrir un service d’accompagnement pour les entreprises désireuses d’implanter un système de traçabilité. Un tel service serait très important si la traçabilité jusqu’à la table devenait une exigence règlementaire.

Rappels

La grande utilisé d’un système de traçabilité pour les abattoirs et les maillons suivants – transformateurs, distributeurs, transport, détaillant et consommateur – est de faciliter et réduire les coûts liés aux rappels de produits. « Pour les entreprises, c’est avantageux », explique Lyne Ravary.

Des simulations de rappel réalisées dans cinq entreprises ont permis de constater que les solutions bien utilisées amélioraient l’efficacité des rappels.

L’implantation d’un tel système a un coût. Il faut que l’entreprise ait un avantage, comme la commercialisation d’un bœuf sans antibiotique ou encore pour informer le consommateur. Pour cette raison, l’implantation d’un tel mécanisme doit être issus d’une volonté commerciale ou gouvernementale.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Marie-Josée Parent's recent articles

Commentaires